Cameroun : l’essor des assurances obsèques

Depuis quelques années, les camerounais se laissent de plus en plus séduire par les assurances obsèques. À la source de cet essor, la nécessité de financer en amont des funérailles traditionnellement onéreuses mais socialement indispensables.

Des funérailles primordiales

Pour les Camerounais, l’enterrement est aussi essentiel qu’une naissance ou une union. Aussi les cérémonies qui marquent ce passage doivent-elles être marquantes afin d’honorer le défunt, et d’affirmer l’ancrage social, l’honneur et le prestige de la famille.

Il est ainsi impensable, pour ne pas dire coupable d’inhumer le défunt en ville, ce qui signifierait son évidente précarité : il doit impérativement être enseveli dans son village d’origine, véritable retour aux racines et symbole de réussite.

Ce rituel fait l’objet de cérémonies impliquant le cercle restreint de la famille et des connaissances, élargi dans un second temps à toute la population.

L’endettement des obsèques

Suivant cette logique, les funérailles vont être longues et coûteuses. Étalées sur deux semaines minimum, elles sont suivies d’un deuil qui peut durer jusqu’à deux mois.

Il va falloir investir dans le cercueil le plus imposant, la tombe la plus belle possible, financer la concession, payer les pompes funèbres.

L’enterrement proprement dit suppose d’engager des pleureuses, des porteurs pour la bière, de fournir aussi bien des fleurs que des tee-shirts à l’effigie du mort, prévoir de la musique …

Il convient par ailleurs d’organiser un festin pour célébrer toute la communauté du village (parfois jusqu’à 500 personnes), ce qui suppose de recruter un traiteur, de louer des tables, des chaises, des tentes, de la vaisselle …

Plus le statut du disparu et de son clan est élevé, plus les funérailles doivent être onéreuses : certains vont jusqu’à débourser 500 millions francs CFA soit environ 765 000 euros, une somme colossale.

L’endettement est inévitable, parfois fatal dans un pays où le salaire mensuel est en moyenne de 50 000 F CFA.

La solution des assurances obsèques

Jusqu’alors veufs et enfants orchestraient une cagnotte familiale, où les proches apportaient leur contribution.

Il est aussi d’usage d’organiser une tontine, association d'épargne collective visant à financer le projet.

Depuis quelques années, établissements bancaires et cabinets d’assurances développent des produits dédiés, notamment les assurances obsèques.

Ces polices d’assurances fonctionnent de manière classique : un versement mensuel d’environ 15 000 francs CFA permet de débloquer une somme d’un million au bénéficiaire choisi, et cela quelques jours après signature du contrat.

Certaines offres prennent par ailleurs en compte la question du rapatriement du corps depuis l’étranger qui représente un coût supplémentaire conséquent.

Delphine Neimon
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