L’assurance vie, meilleure que l’assurance obsèques pour payer ses obsèques ?

Pour financer leurs obsèques, deux solutions principales s’offrent aux Français : l’assurance obsèques et l’assurance vie. Très appréciée des Français, cette dernière peut se prêter au financement des funérailles. Mais l’assurance obsèques, bien plus spécialisée, possède de nombreux avantages.

Senior Couple Consulting About Heritage And Graves After Death

Assurance obsèques : un léger repli, mais un sursaut prévisible

L'assurance obsèques permet de financer, et parfois même d'organiser, ses funérailles. Environ 5 millions de Français auraient conclu un contrat obsèques. Mais ce produit semble connaître un léger repli.

En effet, les assureurs n'auraient enregistré, pour 2021, qu'une progression assez faible de 2,3 %. L'assurance obsèques n'aurait donc rapporté, pour cette année, qu'environ 1,6 milliard d'euros.

Mais, selon les assureurs, ce produit a encore de l'avenir. Cet optimisme se fonde en particulier sur l'évolution démographique de la population française. En effet, elle devrait continuer à vieillir.

En 2025, donc dans un futur très proche, le nombre de personnes de 60 et plus, celles qu'on appelle les seniors, devrait approcher les 19 millions. Ce qui représente une progression de plus de 8,5 % par rapport à 2020.

Un autre élément joue en faveur de l'assurance obsèques. En effet, la pandémie de Covid, qui, durant de nombreux mois, a rythmé le quotidien des Français, a entraîné de très nombreux décès. Cette sombre période les a conduits à réfléchir davantage au financement de leurs funérailles.

Dans un tel contexte, l'assurance obsèques devrait reprendre de la vigueur. Dès l'année prochaine, le produit devrait générer environ 1,8 milliard d'euros, soit 12,5 % de plus qu'en 2021.

Ce relatif succès, l'assurance obsèques le doit aussi à une meilleure information des assurés. Il n'était pourtant pas facile de parler d'un sujet aussi délicat que la mort et les funérailles. Mais les opérateurs funéraires y sont parvenus.

Si cette communication a pu fonctionner, c'est notamment parce qu'elle a réussi à faire prendre conscience aux Français du poids financier des obsèques. En effet, après l'achat du logement et de la voiture, c'est le financement des funérailles qui pèse le plus lourd sur le budget des ménages.

Le secteur de l'assurance obsèques devrait donc se redresser. De telles perspectives séduisent les banques, comme la banque postale ou le Crédit agricole. En effet, elles détiennent pas moins de la moitié d'un marché qu'elles estiment porteur.

Un meilleur rendement et des frais plus faibles pour l'assurance vie

Mais l'assurance obsèques conserve un sérieux concurrent : l'assurance vie. A priori, rien d'étonnant à cela, puisque ce placement demeure le plus apprécié des Français. Et, de fait, il avait déjà rapporté plus d'1,8 milliard d'euros fin mai 2022.

Si l'assurance vie séduit autant les Français, c'est en raison de ses atouts. En premier lieu, elle rapporte des intérêts. Ce n'est pas le cas de l'assurance obsèques, qui n'est pas un placement. En 2022, même les supports en euros, connus pourtant pour leurs faibles rendements, pourraient rapporter 2 %.

Toutefois, si l'assurance obsèques ne rapporte pas d'intérêts, le capital souscrit ne reste pas pour autant figé. En effet, ce capital est revalorisé de manière régulière, si, du moins, une clause du contrat le prévoit (penser à bien vérifier les clauses, voire les modifier).

Cette revalorisation s'inscrit dans la logique même de ce type de contrat. En effet, le contrat est le plus souvent signé bien avant la survenue du décès. Des années, ou même des décennies, peuvent s'écouler avant que celui-ci ne se produise.

Dans l'intervalle, le prix des funérailles augmente, parfois de manière notable. C'est pourquoi les contrats d'assurance obsèques prévoient, le plus souvent, une revalorisation annuelle du capital garanti.

Mais, à cet égard, les assureurs ne sont tenus qu'au respect du taux légal, qui n'assure qu'une revalorisation faible, parfois bien inférieure à l'inflation. Rares sont d'ailleurs les assureurs qui, dans ce domaine, informent clairement leurs clients.

Il est donc essentiel de se renseigner auprès de l'assureur, afin de connaître, avec précision, les modalités de revalorisation du capital. Faute d'une telle précaution, le bénéficiaire du contrat ne pourrait bien recevoir, le jour venu, qu'une somme insuffisante au frais d'obsèques.

Si le régime fiscal appliqué à l'assurance obsèques est le même que celui de l'assurance vie, cette dernière se distingue par des frais moins importants. Ce qui est un autre de ses avantages.

Si, par exemple, un client souhaite racheter, en tout ou partie, son contrat d'assurance vie après 8 ans, aucun frais ne sera prélevé. Si, au contraire, le contrat d'assurance obsèques est racheté en totalité, ce qui y met fin, des frais interviennent, qui peuvent aller jusqu'à 15 % du capital.

L'organe chargé de la régulation du secteur regrette d'ailleurs que ces frais ne fassent pas l'objet d'une information assez transparente.

Par ailleurs, le ou les bénéficiaires du contrat d'assurance vie peuvent utiliser l'argent placé pour financer les obsèques. Mais ils n'en ont pas l'obligation, contrairement aux bénéficiaires de l'assurance obsèques, tenus d'employer le capital au financement des funérailles. Une clause propre à apporter à l'assuré une certaine sérénité.

Bon à savoir : Il faut encore rappeler qu'une somme maximale de 1.500 euros peut être prélevée sur la succession pour contribuer au financement des obsèques.

D'autres avantages de l'assurance obsèques

Au décès du souscripteur, le bénéficiaire reçoit le capital prévu. Alors que, dans le cas de l'assurance vie, c'est au bénéficiaire d'avancer l'argent. Quitte à demander le prélèvement de cette somme, jusqu'à concurrence de 5.000 euros, sur le compte en banque du défunt. Mais rien ne garantit qu'il soit suffisamment approvisionné.

Il y a donc là un avantage certain de l'assurance obsèques. Le ou les bénéficiaires sont assurés de recevoir le capital destiné à financer les funérailles. D'où une réelle tranquillité d'esprit. D'autant que si, au moment du décès, le capital n'est pas complétement réuni, il sera cependant versé au bénéficiaire.

S'il reste en vie et donc cotise trop longtemps, cependant, celui-ci peut finir par le faire à fonds perdus. En effet, le capital aura déjà été rassemblé, alors que les cotisations seront toujours versées.

Autre atout de l'assurance obsèques : elle ne propose pas seulement le financement des obsèques, prévu par le contrat en capital. Le client choisissant un contrat en prestations peut aussi décider du déroulement précis de ses funérailles et des diversions prestations possibles au sein de la convention obsèques.

Dans ce cas, c'est l'opérateur funéraire désigné par l'assuré, avec lequel il règlera l'organisation des obsèques, qui deviendra le bénéficiaire du contrat. Cette solution décharge non seulement les proches de tout souci financier, mais elle leur évite d'avoir à se mêler de détails pénibles. En ce moment très difficile, la famille n'aura donc à s'occuper de rien.

Des prestations plus ou moins utiles

Avant de signer le contrat d'assurance obsèques, il convient de s'assurer que les prestations prévues et services d'assistances sont bien utiles. En effet, certaines ne le sont pas vraiment, ce qui augmente le coût du contrat sans nécessité.

C'est notamment le cas des prestations concernant l'hébergement de la dépouille mortelle. La grande majorité des décès ayant lieu à l'hôpital ou dans une maison de retraite, ces services n'ont pas lieu d'être.

Bon à savoir : En effet, dans les établissement de santé, le corps est hébergé gratuitement durant 3 jours. Cette période est de 6 jours dans les EHPAD. De même, les prestations concernant le transport du corps, notamment avant la mise en bière, ou vers la chambre funéraire, ne répondent guère, elles non plus, à des besoins réels.

Ainsi, si la personne est décédée à son domicile, elle y reste souvent jusqu'à la date de l'inhumation ou de la crémation. Par ailleurs, quand ce transfert est décidé par un directeur d'hôpital par exemple, le transport du corps vers la chambre funéraire est gratuit.

Autre exemple de prestation inutile : les soins de conservation du corps à l'aide de certains produits qui, d'ici deux ans, seront peut-être interdits.

En revanche, la plupart des contrats d'assurance obsèques proposent des services d'assistance qui peuvent se révéler précieux. Il peut s'agir, selon les cas, d'aider les assurés à comparer les offres funéraires ou prévoir de fleurir et entretenir la tombe.

À noter : Certains contrats prévoient aussi un accompagnement des proches. En un moment aussi pénible, ils peuvent ainsi bénéficier, pendant plusieurs mois après le décès, d'un service de soutien psychologique, assuré par des professionnels qualifiés. À cet accompagnement psychologique s'ajoute parfois une aide à l'accomplissement des formalités à accomplir après le décès. Une autre prestation concerne la garde des enfants, pendant que leurs parents assistent à la cérémonie funèbre. Enfin, le rapatriement du corps peut être pris en charge, si le décès a eu lieu dans un pays étranger.
Pierre C.
171

Fondateur de Lassurance-obseques.fr

A lire aussi :

Aucun commentaire à L’assurance vie, meilleure que l’assurance obsèques pour payer ses obsèques ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.