Sondage : les jeunes, la mort et les obsèques

Nés entre 1980 et 2000, les millennials (18 – 35 ans) constituent une véritable énigme sociétale : difficiles à cerner et à cibler, ils n’en sont pas moins les consomm’acteurs d’aujourd’hui et de demain. Volubiles, incertains, changeants, ultra-connectés, en quête d’expérience, on les considère comme peu sérieux ; pourtant, ils sont capables de s’investir dans la lutte contre la pollution, militent pour le bio, pensent l’entreprise autrement, considèrent la vie avec un regard autre que celui de leurs parents et grands-parents. La vie … et même la mort, si l’on en croit les chiffres de notre sondage effectué durant la première quinzaine du mois de décembre 2017. Zoom sur les jeunes, la mort et les obsèques.

Pour avoir accès aux résultats complets du sondage :
>> Sondage : la mort et les obsèques (PDF)

La mort, de moins en moins tabou selon une large majorité d’entre eux

Un premier constat s’impose : cette génération pourtant jugée parfois nonchalante et versatile ne considère plus la mort comme un sujet tabou. Ils sont 63 % à penser que l’on parle plus de la mort aujourd’hui, et parmi eux, 95 % considèrent comme une bonne chose que ce tabou tombe progressivement.

 

Une estimation pertinente du prix des funérailles

Par ailleurs cette cible qu’on estime généralement dépensière et peu fiable en terme d’argent évalue assez précisément les dépenses occasionnées par des obsèques : plus de la moitié des sondés situent la facture funéraire dans une fourchette allant de 3000 à 6000 euros, ce qui est d’une rare justesse.

 

La confrontation à la mort des proches

Peut-être est-ce parce qu’ils ont déjà été confrontés au décès d’un proche, comme l’affirment 80 % d’entre eux, hommes et femmes confondus. Ils ont alors dû épauler leur famille, un soutien qui passe majoritairement par l’affect, le psychologique, l’écoute à 99 %, mais peut aussi se traduire par une aide concrète, ménagère (18%), administrative (26%) … ou financière pour 5 % des sondés.

La prise en compte de sa propre disparition

Ce même public n’hésite plus à envisager sa propre mort, à y penser assez souvent comme l’avouent 24 % des personnes interrogées, tous sexes confondus. 65 % de femmes et 35 % d’hommes vont même jusqu’à reconnaître qu’ils craignent cette échéance, et qu’ils l’anticipent.

Aussi, les sondés ont une vision assez précise en la matière : ils préféreraient décéder chez eux, comme le revendiquent 83 % des hommes et 82 % des femmes de 18 à 24 ans.

 

Obsèques civiles et lieu sacré

Par ailleurs, ils optent en majorité pour des obsèques civiles à 57 % ; or, dans le sondage Ipsos Affairs réalisé en 2015 pour les Services Funéraires de la Ville de Paris, ils n’étaient que 27 % : c’est donc une tendance en nette progression … et un phénomène urbain : en Île de France seuls 35 % des sondés optent pour des funérailles religieuses contrairement à certaines zones comme la Normandie, la Bretagne ou les Pays de la Loire, où les traditions perdurent, avec une moyenne de 44 à 46 % de jeunes désireux d’un rituel sacré.

Par ailleurs, le décorum des lieux de prière demeure attractif : les jeunes conservent l’idée d’une cérémonie dans un espace sacralisé à plus de 35 %. Dans tous les cas, 68 % des femmes et 59 % des hommes intègrent la musique dans le cérémonial funéraire, 18 % d’entre elles et 27 % d’entre eux savent déjà quelles chansons ils exigeront pour leur dernier voyage.

Crémation en hausse, approche plus écologique

 Tout comme elle semble se détourner progressivement des rituels, la génération Y s’oriente résolument vers la crémation à 45%, avec une pointe à 51 % sur la région parisienne, ce qui constitue une véritable évolution sur les deux dernières années. Toujours selon le sondage Ipsos Affairs cité plus haut, 60 % des moins de 35 ans interrogés en 2015 optaient pour l’inhumation, contrairement aux seniors qui privilégiaient l’incinération à 37 %.

Cette tendance s’accompagne d’une prise en compte des problématiques environnementales : le facteur écologique entre désormais dans les choix d’obsèques. Ils sont ainsi 47 % à choisir la nature et 24 % la mer pour y répandre leurs cendres. Quant au cercueil écologique, 49 % en ont eu vent, 11 % savent de quoi il s’agit, plus de la moitié pensent que c’est une très bonne initiative.

 

Orientation écologique, prise de conscience du coût des funérailles, volonté d’individualiser ses obsèques, la jeune génération semble se responsabiliser en ce qui concerne la question de la mort. Un paramètre dont les professionnels du secteur devront tenir compte à l’avenir.

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