Obsèques et numérique : quand les nouvelles technologies participent aux funérailles

L’évolution d’internet, l’ultra connexion, les progrès en matière d’ordinateurs et de diffusion de contenus, tous ces paramètres ont modifié notre rapport à la vie … et à la mort.

Aujourd’hui de plus en plus d’entrepreneurs spécialisés dans ces nouvelles technologies orientent leur savoir-faire dans le domaine du funéraire. L’offre vise surtout à faciliter l’organisation de la cérémonie, à donner accès au rituel et à entretenir la mémoire du défunt. Évoquons plus en détails ces grandes tendances.

Faciliter l’organisation des obsèques

Souvent complexes et méconnues, les démarches à accomplir au lendemain du décès d’un proche constituent un véritable calvaire pour ceux qui lui ont survécu. Plusieurs sites ont donc vu le jour avec comme objectif d’alléger cette charge.

Il s’agit avant tout d’expliquer ce qu’il faut faire, en aidant à constituer les dossiers, voire en réalisant ces démarches. Ce type de service peut être facturé jusqu’à 200 euros.

Certains ajoutent à cette prestation un annuaire en ligne permettant de cibler des agences de pompes funèbres en fonction de critères comme le lieu ou encore les types de services proposés. On trouve également un accès à des e-boutiques d’articles funèbres ou de fleurs, la possibilité d’organiser ultérieurement l’entretien de la tombe à distance.

Il est également possible d’avoir accès à une page regroupant les avis de décès répertoriés et mis à jour selon les régions, chaque avis débouchant sur une plateforme d’envoi de gerbes ou de couronnes, un espace pour exprimer ses condoléances.

Les personnes qui ont eu recours à ce service peuvent laisser des notes et des remarques concernant la qualité et le sérieux des prestataires, ce qui permet aux nouveaux usagers de se repérer.

Transmettre ses dernières volontés

C’est le rôle des sites experts dans l’enregistrement de testaments en ligne. Ces déclarations inscrites par la personne sont adressées à ceux qu’elle a désignés, une fois qu’elle est décédée.

Il existe par ailleurs des coffre forts numériques où l’on peut mettre ses données personnelles à l’abri pour ensuite les communiquer aux proches qu’on aura ciblés.

Cela concerne des documents, textes ou images, des vidéos aussi bien que des messages post mortem ou les mots de passe pour se connecter aux réseaux sociaux ou à une adresse mail.

Ce genre de prestation est tarifée environ 300 euros pour disposer à vie de 2 gigaoctet de stockage.

Diffuser les funérailles en ligne

Avec la globalisation et l’éclatement des familles aux quatre coins du monde, cette activité est appelée à se développer.

En effet la transmission vidéo des obsèques permet d’assister au cérémonial par le biais d’une plate-forme sécurisée, et cela malgré les longues distances.

Les caméras sont installées très discrètement dans l’enceinte du funérarium ou du crématorium. Il s’agit ensuite de réaliser une captation restituant les instants clés du rituel, ses points forts, son émotion.

Les participants peuvent laisser des commentaires en temps réel, sous forme de texte ou de vidéo, participer à une cagnotte en ligne pour offrir des fleurs, soutenir la famille …

Il est aussi possible de produire ensuite un DVD récapitulant la cérémonie pour l’envoyer à ceux qui le désirent.

Le tout se chiffre entre 200 et 300 euros suivant les prestations demandées.

Créer un mémorial en ligne

Plusieurs réseaux sociaux se sont élaborés autour de cette idée : éditer une page dédiée au défunt.

L’idée est d’y évoquer sa vie, de lui rendre hommage, de partager son chagrin et ses souvenirs avec d’autres membres de la famille, des amis, des connaissances.

Il est possible d’y ajouter des témoignages et des condoléances, d’envoyer des bougies du souvenir, des fleurs virtuelles.

Certaines plateformes adoptent le design d’un cimetière virtuel, proposent un graphisme très attractif, propice au recueillement.

Ces services sont quelquefois accessibles en plusieurs langues.

Ce genre de mémorial peut très vite véhiculer le passé d’une famille, en effet les personnes âgées qui n’avaient pas l’usage des réseaux sociaux possédaient néanmoins des photographies, des souvenirs propres au patrimoine familial ; diffusées sur cette page dédiée, ces reliques permettent de reconstituer une mémoire collective.

Perpétuer la présence sur les réseaux sociaux

Il s’agit ici d’assurer la continuité des comptes sociaux utilisés de son vivant par le défunt.

On peut par exemple désigner via une plateforme spécialisée la personne de confiance qui héritera de l’entretien du compte Facebook ; cette dernière sera avertie par mail après le décès.

Il est aussi envisageable d’enregistrer en amont de sa disparition des messages textes ou vidéo à publier post mortem sur Facebook ou Twitter ; l’application conserve ces posts et les diffuse selon le rythme défini par le défunt.

On peut également confier son compte Twitter à des entreprises dont les algorithmes reprendront les publications après avoir analysé la teneur des messages diffusés ; il s’agira alors de « copier » le style du défunt pour continuer de s’exprimer à sa manière.

Delphine Neimon
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