Marbriers graveurs

marbrier commisDans l’organigramme des professionnels du funéraire, ouvriers marbriers et graveurs interviennent au moment crucial de la mise en terre, avec la lourde responsabilité de mettre en place et d’orner la dernière demeure des défunts.

En conséquence, ils se doivent de maîtriser un véritable savoir-faire qui conjugue les talents du maçon, du sculpteur et de l’artiste. Pourtant leur rôle demeure méconnu du grand public, à tel point qu’il faut des journées dédiées comme le Printemps des cimetières pour faire découvrir leur travail, qui est à la fois riche et exigeant : quelles sont les tâches à accomplir ? Quelles aptitudes faut-il posséder ? Quelle formation suivre ?

Missions des marbriers et  graveurs

L’ouvrier marbrier intervient  à plusieurs niveaux et tout d’abord dans l’enceinte du terrain communal proprement dit où il a pour fonction de construire la tombe :

  • cela suppose d’effectuer les travaux de terrassement mécaniques ou manuels nécessaires afin de pratiquer l’excavation, de couler les fondations en béton ;
  • il faut ensuite construire le caveau en respectant les normes en vigueur en matière d’hygiène et de sécurité ;
  • vient alors la pose de la dalle et du monument proprement dit, une fois la personne enterrée.

Par ailleurs il peut aussi prendre en charge la création du monument, en le sculptant en amont en atelier d’après un croquis, ainsi que son entretien sur le long terme, les travaux de nettoyage et de réparation nécessaires si la structure a été abîmée par les intempéries ou vandalisée.

Dans certaines communes de petite taille, il endosse aussi la fonction de fossoyeur. Mais dans tous les cas, il participe aux procédures d’ouverture et de fermeture des fosses, dans les situations d’extraction des restes au terme d’une concession, quand il faut ajouter un nouveau défunt dans la sépulture, ou l’exhumer pour expertises médico-légales ou déplacement.

Les capacités requises

Elles sont multiples et variées, touchent au savoir être comme au savoir-faire.

  • De par sa définition même, ce métier est pénible et éprouvant. Il faut donc posséder une condition physique excellente, ne pas craindre de travailler en extérieur par tous les temps, d’assurer la manutention de matériaux lourds, le travail de terrassement et d’assemblage.
  • Il faut aussi être très solide psychologiquement, surtout dans les cas d’exhumation où l’on doit extraire des mausolées des corps souvent très décomposés, ce qui n’est jamais évident.
  • Il est essentiel de s’informer sur les directives officielles en matière de sécurité et d’hygiène. Construire une tombe, l’ouvrir, la refermer sont des activités à risques, on peut facilement se blesser, s’infecter si les vaccins ne sont pas mis à jour, les mesures de protection pas respectées. L’ouvrier marbrier doit donc être au courant des règles en vigueur et de leur mise à jour, et les respecter scrupuleusement.
  • Il doit connaître le règlement des cimetières, la législation édictée notamment dans le Code Général des Collectivités Territoriales. Cette nomenclature est déterminante dans la mise en place des tombes, leur fabrication, leurs dimensions mêmes.
  • La discrétion est aussi importante qu’une appréhension exacte et sans a priori des rites funéraires. L’ouvrier marbrier est amené à ériger des monuments significatifs au niveau culturel et religieux, il doit en percevoir les particularités.
  • On attend par ailleurs qu’il soit méticuleux et précis, exigeant et rigoureux, avec un sens prononcé de l’organisation puisqu’il est amené à gérer des plannings de fabrication et d’intervention, des stocks de matériaux.
  • Le sens du travail en équipe est le bienvenu, notamment pour collaborer avec les autres agents municipaux impliqués dans la bonne marche du cimetière.
  • Le permis poids lourd et l’aptitude à manœuvrer des véhicules hydrauliques sont des incontournables.
  • De plus les progrès du numérique ont amené à élaborer des outils de sculpture digitaux, assortis de programmes informatiques. Il est donc préférable de maîtriser cet univers et ses codes.

Formation et statut de l’ouvrier marbrier graveur

Pour devenir ouvrier marbrier, il faut généralement obtenir un CAP de tailleur de pierre, d’agent technique en marbrerie funéraire, en maçonnerie. Un passage chez les Compagnons est un plus appréciable.

Ensuite on intègre une entreprise spécialisée comme artisan ou l’on monte sa propre structure. Il est alors important de savoir comment gérer une activité de ce type, entre obligations administratives et comptables, choix d’un statut adapté, impératifs logistiques et développement commercial.

Le salaire moyen est de 1400 euros brut.

Focale sur le métier de graveur

  • Le graveur complète le travail du marbrier ; il s’occupe des inscriptions officielles à placer sur la tombe ainsi que de l’ornementation. Il suit pour cela un CAP de graveur, mais doit aussi posséder le sens de la précision, et la créativité de l’artiste. Il peut envisager de se perfectionner via un bac professionnel.
  • Son action suppose la maîtrise des différents types de calligraphie, la création de motifs adaptés, la gravure manuelle au marteau et au ciseau, la gravure au jet de sable, l’application de feuilles d’or pour décorer l’inscription.
  • Son travail a lieu le plus souvent en atelier, mais il peut être appelé sur site, pour restaurer les inscriptions d’une ancienne concession, d’une stèle détériorée.

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