Thanatopracteur

ThanatopracteurThanatopracteur, un métier de service à la personne qui consiste à prodiguer des soins de conservation au défunt, des soins dits d’hygiènes et de présentation. Ces gestes sont nécessaires si l’on veut pouvoir présenter le corps à la famille avant la mise en bière.

Les interventions de thanatopraxie retardent la dégradation des corps (la décomposition naturelle ou thanatomorphose) et gomme les stigmates de la mort.

En préservant la dignité du défunt et en lui donnant un air apaisé, le travail du thanatopracteur peut atténuer la souffrance de l’entourage et faciliter ainsi le travail de deuil.

Le soin de conservation assure donc une bonne hygiène et présentation du défunt, permettant la visite du corps par les familles dans des conditions plus favorables à la sérénité.

Thanatopraxie : les différents soins

En moyenne, l’intervention dure une heure et demi.

Dans un premier temps, le thanatopracteur :

  • lave et désinfecte le corps pour empêcher la propagation des maladies ;
  • extrait par ponction des gaz et d’une partie des fluides corporels (prompts à la prolifération des bactéries) ;
  • injecte par voie intra-artérielle, dans un même temps, d’une solution biocide (bactéricide, fongicide, virucide et sporicide) (1).

Ces interventions permettent de retarder :

  • L’admission en chambre funéraire (2) ;
  • la dégradation du corps ;
  • les odeurs et proliférations bactériennes et parasitaires inhérentes à la thanatomorphose.

Ensuite le thanatopracteur :

  • lave et sèche le corps ;
  • clos les paupières et les mâchoires ;
  • effectue les tâches de toilettes nécessaires ;
  • et remodèle les parties du corps avec de la cire, du plastique ou du coton (si besoin).

Enfin, les derniers soins consistent à :

  • habiller le corps ;
  • appliquer des cosmétiques (si nécessaire) ;
  • coiffer les cheveux ;
  • placer le corps en bonne position.

Habituellement, cette dernière tâche prend du temps et doit être accomplie avec soin, car c’est le résultat de tous les travaux combinés. Le défunt doit être disposé de façon naturelle, propre et bien agencée.

Le thanatopracteur devra aussi fixer à la cheville du défunt un flacon contenant un échantillon du produit utilisé.

À noter :

Le thanatopracteur n’effectue pas la mise en bière (placement du corps dans le cercueil). Celle-ci est généralement effectuée par les agents de pompes funèbres, les porteurs du cercueil avec le maître de cérémonie – en présence ou non des proches suivant les souhaits de la famille (3).

Pourquoi avoir recours à un thanatopracteur ?

En France, 1 décès sur 4 en France donnerait lieu à une intervention d’un thanatopracteur qualifié (source cidj.com). Un chiffre plus élevé que la moyenne européenne.

Les cas d’interventions les plus fréquents sont souvent précédés :

  • D’un décès à domicile ou dans un établissement de santé (ou maison de retraite) ne possédant pas de matériels réfrigérés (lits, rampes, cases…).
  • D’une volonté de la famille de retarder le processus de mise en bière, cela pour pouvoir veiller plus longtemps le corps.

Les soins de conservations ne peuvent être imposés aux proches, sauf dans certains cas où ils sont obligatoires :

  • Lors d’un transport sans mise en bière (à visage découvert) pour une distance de plus de 600 km.
  • Quand le transport survient entre 24 et 48 heures après le décès.
  • Lors d’un rapatriement à l’étranger.

À noter :

  • Certaines religions comme la religion musulmane, orthodoxe ou juive n’autorisent pas cette pratique. Cela peut s’avérer problématique dans certaines situations, comme énoncées ci-dessus.
  • Dans certains cas le défunt peut aussi avoir souscrit à un contrat obsèques qui comprend un soin. Dans ce cas, le soin est appliqué même si peu nécessaire.

Où trouver un thanatopracteur ?

Généralement, la plupart des services de pompes funèbres travaillent en collaboration avec des thanatopracteurs. Sinon, à la demande de la famille du défunt, l’entreprise des pompes funèbres choisie peut donner la référence d’un technicien qualifié.

En effet, la plupart des thanatopracteurs travaillent pour :

  • les maisons funéraires ;
  • les hôpitaux ;
  • les écoles de médecine ;
  • et les morgues (lieux où sont gardés les corps jusqu’à ce qu’ils puissent être identifiés ou jusqu’à ce que la cause du décès soit déterminée).

La réglementation

La thanatopraxie est un univers très réglementé.

Ainsi, l’intervention doit faire l’objet d’une autorisation du maire de la commune du lieu de décès ou du lieu où ils sont réalisés.

Elle est délivrée sur présentation d’une déclaration devant mentionner :

  • le lieu et l’heure de l’intervention ;
  • le nom et l’adresse du praticien thanatopracteur ;
  • le mode opératoire ainsi que le produit utilisé.

Aussi, avant de procédé à la réalisation des soins, le thanatopracteur doit détenir différents éléments obligatoires comme :

  • les dernières volontés écrites du défunt (ou de la personne ayant la qualité de pourvoir aux obsèques) ;
  • le certificat de décès comprenant la non-opposition légale du médecin qui a constaté le décès ;
  • Le procès-verbal aux fins d’inhumation en cas de mort violente.

Enfin, pour mener à bien sa mission, le thanatopracteur doit connaître et respecter les lois qui traitent de la manipulation et le traitement des cadavres.

Ainsi, il doit avoir suivi une formation spécialisée pour ce métier, être titulaire du diplôme national de thanatopracteur et être habilité ou déclaré comme salarié dans une entreprise habilitée (Source : « Pratique de la thanatopraxie », 1ère édition, Michel Durigon et Michel Guénanten).

Prix de l’intervention

Le coût d’une opération de thanatopraxie est assez cher. En moyenne, il faudra débourser entre 300 et 400 euros pour des soins de conservations « ordinaires ».

Il est essentiel d’effectuer plusieurs devis à différentes entreprises de pompes funèbres avant de choisir votre prestataire. Les prix, comme dans tous les domaines, peuvent varier du simple au double.

Profil d’un thanatopracteur

Ce métier implique de maîtriser ses émotions et de faire preuve de beaucoup de tact et de discrétion. La rigueur de l’exercice exige aussi d’être quelqu’un de soigneux et très appliqué.

Il doit aussi être en bonne santé physique, car il doit manipuler le corps du défunt et des objets lourds pendant l’embaumement et le transport de son matériel.

Dans près de 90% des cas, il travaille seul, dans :

Ce qu’il faut savoir sur ce métier

La thanatopraxie un métier d’avenir puisque les Français ont de plus en plus recours à leurs services.

Le salaire

Son salaire se situe entre le Smic (1.140 euros € net mensuel) et 1.457,52 euros € brut par mois pour un salarié débutant d’une entreprise de pompes funèbres ou d’un service municipal.

Il oscille entre 2 000 € et 4 000 € pour un salarié thanatopracteur se mettant à son compte.

Perspective d’évolution

Il est de plus en plus courant de faire appel à un thanatopracteur, c’est donc un secteur porteur d’avenir.

Néanmoins, l’examen est relativement compliqué et sélectif. Finalement les professionnels sont encore assez peu nombreux dans ce secteur particulier.

À noter qu’il vous est possible, après quelques années d’expérience, de monter votre propre entreprise de pompes funèbres.

Quelques chiffres sur la thanatopraxie

La France compte environ 200 femmes et 800 hommes thanatopracteurs, mais le métier se féminise de plus en plus.

Aujourd’hui, près de 60% des candidats au concours sont des candidates.


(1) La solution biocide contient également un agent hydratant pour contrer l’effet déshydratant du biocide, et garder des tissus souples (organes, peau…). Le produit fixe également les tissus par imprégnation, et contient des anticoagulants pour détruire les caillots sanguins et se diffuser complètement. Il contient également un léger colorant qui change la coloration du corps pour redonner un teint plus « naturel ».

(2) Article R. 361-37 du code des communes : « L’admission en chambre funéraire intervient dans un délai de vingt-quatre heures à compter du décès. Le délai est porté à quarante-huit heures lorsque le corps a subi les soins de conservation prévus à l’article R. 363-1. Si un soin est pratiqué à domicile ou sur le lieu de décès (hôpital, maison de retraite,…) le corps peut être transporté sous 48h en chambre funéraire (ou n’importe quel autre établissement de soins équipé d’une morgue). Par ailleurs l’inhumation ou la crémation doit avoir lieu entre 24 h et 6 jours ouvrables après le décès.

(3) À défaut d’effectuer la mise en bière, il peut arriver que le thanatopracteur place le corps sur une table décorée et destinée à être mise en salon. Et même parfois faire rouler la table jusque dans le salon de présentation si le laboratoire se trouve à proximité.

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