Où peut-on placer ses cendres en cimetière ?

Parmi ceux qui choisissent la crémation, tous ne désirent pas forcément voir leurs cendres répandues au Jardin du Souvenir, dans la nature ou la mer. Beaucoup désirent que leurs restes soient placés dans un espace identifié et aménagé à leur convenance, où leurs proches pourront venir se recueillir. Est-ce envisageable ? Quelles sont alors les options possibles ? Comment procéder ?

Il faut se souvenir que, depuis la loi de décembre 2008, les cendres ont le même statut qu’un corps et doivent être traitées avec bienveillance :

« Le respect de la personne, prévu au Code civil à articles 16-1 et suivants, s’applique aux cendres contenues dans l’urne ».

Urne et cercueil sont donc envisagés de la même façon. Aussi il existe plusieurs options pour accueillir les cendres : le columbarium, le cavurne, la tombe cinéraire, le placement de l’urne dans une tombe préexistante, l’inhumation en terrain privé.


Le columbarium

C’est la première solution envisageable. Le columbarium désigne une construction collective, faite de plusieurs dizaines de cases disposées en muraille ou en colonne (il existe d’autres agencements plus fantaisistes), qu’on peut louer via une concession temporaire, et où on peut ensuite placer plusieurs urnes, de une à quatre suivant la taille du réceptacle. Selon la loi de décembre 2008 redéfinissant la législation funéraire, toute commune de plus de 2000 habitants doit en disposer.

Ce type de sépulture suppose des impératifs :

  • C’est le maire qui délivre l’autorisation d’en jouir.
  • La plaque qui ferme la case doit être en marbre, en granit ou en pierre, obligatoirement étanche, et apposée par un opérateur funéraire assermenté.
  • Les inscriptions et les décorations qui l’ornent (citations, médaillons, … ) doivent être approuvées par la mairie. On y trouvera le nom du défunt, les dates de naissance et de mort, la référence officielle de l’emplacement.
  • Chaque case fait l’objet d’une concession payante, dont la durée est déterminée par le conseil municipal.
  • Pour une concession de 15 ans, il faut budgéter environ 500 euros, 800 euros en moyenne pour une durée double.
  • Arrivée à terme, la concession peut être renouvelée, ou close. Il faudra lors déplacer les cendres dans une autre sépulture.

Le cavurne

Contrairement au columbarium qui regroupe les urnes de familles différentes, le cavurne présente l’avantage d’être spécifique et isolé.

  • Également désigné comme un caveautin, il se présente comme une case de béton de 50 centimètre de côté placée en terre.
  • Il fait l’objet d’une concession cinéraire délivrée par la mairie. Un contrat de 15 ans est évalué à 250 euros en moyenne, ce qui inclut le caveau et son emplacement, et s’avère moins cher qu’une case de columbarium.
  • On y ajoutera les frais correspondant à la mise en place d’une plaque funéraire, d’une stèle si on le désire et d’une cérémonie d’inhumation. L’ornementation est très variée, quant à la matière et à la couleur du monument placé sur le cavurne, aux plantes et fleurs qu’on peut y placer, aux inscriptions et décors qu’on peut y apposer (là aussi, il faudra l’aval du maire).
  • Ces éléments et services vont bien sûr augmenter la facture du simple au double, suivant l’opérateur. Il convient donc de comparer les devis avant de se décider : certains peuvent dépasser les 700 euros, pour peu qu’on ait voulu un monument rutilant, un décor somptueux.

La tombe cinéraire

Dans ce cas, il s’agit de placer l’urne en pleine terre, dans un jardin cinéraire notamment, un jardin d’urnes ou une concession préexistante, cinéraire ou classique (pour 15 ou 30 ans généralement). On peut aussi la placer dans un emplacement gratuit, cela pour une durée de cinq ans (ensuite il conviendra de conclure une concession payante).

  • Ce type de sépulture se caractérise par sa discrétion ; elle ne sera repérable que par une simple plaque de dimension réduite (en inox ou en laiton, à fixer dans le sol pour éviter qu’elle ne bouge), où figure le nom du défunt, ses dates de naissance et de décès, les coordonnées de l’emplacement.
  • On optera pour une urne non dégradable (en inox ou en PVC), afin qu’elle puisse être exhumée sans dommages si la concession n’est pas renouvelée ou si la famille décide de la déplacer. Urnes-tombes et mini-tombes sont tout à fait adaptées car faciles à positionner et d’un prix raisonnable ; on peut y glisser une ou plusieurs urnes suivant les modèles.
  • Il est aisé pour un particulier de positionner soi-même l’urne-tombe, pour peu qu’un représentant de la mairie soit présent au moment de l’opération.
  • Il est tout à fait possible d’ajouter des ornementations végétales autour de la plaque.

La tombe familiale classique

Les cendres peuvent également rejoindre une tombe classique déjà érigée, pleine terre ou caveau, ainsi qu’un enclos familial. Il faut alors prendre en compte deux points importants :

  • vérifier que le défunt est autorisé à être placé dans cette concession, collective ou familiale
  • prévoir les frais d’ouverture de la tombe.

S’il s’agit d’une tombe en pleine terre, il faudra envisager la construction d’un cavurne au-dessus des cercueils pour y préserver les urnes ; elles peuvent aussi être placées dans des anneaux de béton qui en assureront la stabilité. Dans un caveau, on placera les vases dans le vide sanitaire qui se trouve entre les bières et la dalle. Dans tous les cas, il convient de protéger les urnes de la dégradation, afin de pouvoir le cas échéant extraire les cendres intactes.

Si ce type de pratique ne suppose pas de taxe de superposition (contrairement à l’inhumation d’un nouveau cercueil), il faut néanmoins prévoir le coût des travaux à effectuer qui peuvent s’élever à plusieurs centaines d’euros.

On peut aussi faire sceller l’urne sur la tombe même. Il convient alors de choisir un réceptacle solide et étanche, capable de résister aux coups, aux intempéries et à d’éventuels actes de malveillance. On privilégiera le granit.


Le terrain privé

Une urne cinéraire peut par ailleurs être placée en terrain privé, en pleine terre ou en cavurne. Comme pour une tombe classique, il faudra obtenir l’autorisation préalable de la préfecture, remplir les conditions d’hygiène requise, et laisser l’accès aux familles désireuses de se recueillir sur la sépulture.

Rappelons qu’il est interdit de conserver les cendres d’un proche chez soi.

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