Associations crématistes : quelles sont leurs missions ?

On recense actuellement une moyenne annuelle de 167 000 crémations en France ce qui correspond à 32 % des décès enregistrés. Et ce chiffre augmente constamment, prouvant que la crémation est en train de s’ancrer dans les mœurs. Ce ne fut pas toujours le cas, la tradition hexagonale privilégiant l’inhumation de par ses racines chrétiennes. Or, si la crémation est aujourd’hui en plein essor dans notre société, c’est aux associations crématistes qu’on le doit, car elles ont beaucoup œuvré dans ce sens. De quoi s’agit-il ? Quelles sont leurs missions ?

Si elles sont plus de cent soixante aujourd’hui, réparties au niveau local et régional, les associations prônant la vulgarisation de la crémation sont fédérées par les deux grandes instances historiques du mouvement :

  • l’Association Nationale Crématiste apparue en 1880, reconnue d’utilité publique en 1897 et à l’origine du premier crématorium de France, installé au cimetière du Père Lachaise ;
  • la Fédération Nationale de Crémation fondée en 1930, qui synchronise l’action des différentes antennes à l’échelle du territoire et dans les DOM TOM et organise les collectes de dons et leur répartition.

Apolitiques et laïques, ces organismes portent un message commun, qui est la reconnaissance de la crémation. Cela se traduit par plusieurs missions essentielles auprès des particuliers et des pouvoirs publics.

Concernant les particuliers :

  • Il s’agit principalement d’informer les personnes intéressées par ce mode de traitement du corps, de leur expliquer comment cela fonctionne, ce que cela implique, les démarches à effectuer… Cette mission passe par l’accueil direct des individus, mais aussi par la mise en place et la diffusion de plaquettes et de documentations, le rayonnement via les sites internet et les réseaux sociaux.
  • Autre point essentiel, le respect des dernières volontés en matière de crémation : les associations s’engagent à ce qu’une personne qui choisit la crémation voit son désir accompli, au besoin à l’encontre même de ses proches ; il s’agit notamment de faire respecter les dispositions testamentaires allant dans ce sens.
  • Ces organismes n’hésitent pas à se charger des formalités nécessaires pour les personnes sans famille qui désirent être crématisées.
  • Outre le conseil des individus séduits par la crémation, les associations mettent un point d’honneur à soutenir les familles en deuil, les épauler, les informer, les aider à appréhender la réalité d'une crémation d’un défunt.

Auprès des pouvoirs publics :

  • Le but premier est de fournir aux municipalités les données nécessaires pour qu’elles s’équipent de crématorium aux normes, en termes d’accueil, de sécurité et de respect de l’environnement. Cela implique par ailleurs de considérer l’évolution et les aménagements du cimetière, pour accueillir par exemple un columbarium ou un jardin d’urnes.
  • Ces associations jouent aussi un rôle auprès des décideurs et des politiques, afin de participer à l’élaboration des textes de loi, améliorer et nuancer celles qui existent déjà. Ainsi la FFC participe au Conseil national des Opérations funéraires qui intervient auprès du Ministère de l’Intérieur, elle est également conviée à l’Association Française de Normalisation qui met en place les réglementations et les certifications dans le sillage de l’Organisation internationale de normalisation et du Comité européen de normalisation.
  • Cette portée européenne est importante, désormais ces associations se fédèrent au niveau de l’Union Crématiste Européenne pour une harmonisation des lois et des actions entre les différents pays.
  • Enfin ces organismes militent pour une baisse des tarifs des prestations, et ont à coeur de protéger les droits des consommateurs dans ce secteur.

On le constate, les associations crématistes demeurent le trait d’union entre les acteurs de la société civile, les membres de la profession funéraire et les particuliers. Elles jouent un rôle de premier plan dans la défense de la crémation, agissant au niveau légal, économique et éthique pour encadrer cette méthode tout en communiquant au niveau de la population afin d’en banaliser la pratique.

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