Le deuil dans la religion protestante : quels en sont les principes ?

Avec 1,7 millions de fidèles et quelques 3000 lieux de culte, le protestantisme s’avère relativement implanté en France.

Issu du christianisme, cette religion prône dès son apparition au XVIeme siècle une simplification des enseignements et des rites catholiques. Cette doctrine touche la conception de l’au-delà, l’organisation ecclésiastique ainsi que les sacrements ; les cérémonies funéraires sont également concernées.

⇒ Comment le protestantisme aborde-t-il la mort ? Comment conçoit-il le deuil, le traitement du corps, l’inhumation ?

Se concentrer sur les vivants

Axé sur l'idée de la grâce divine, le protestantisme part du principe que le défunt y est soumis. Une fois décédée, l'âme de la personne est prise en charge par Dieu.

De fait la dépouille n'est plus importante, et les rituels ne doivent pas être concentrés sur le corps mais sur les vivants qu'il faut aider à passer cette épreuve.

En conséquence il n'y a aucune exigence en matière de toilette funéraire purificatrice, de positionnement du cadavre, de tenue vestimentaire … La dépouille fait l'objet de soins de thanatopraxie uniquement par souci d'hygiène et pour être présentable.

De même il n'y a pas de bénédiction de la dépouille, ni de veillée.

Le don d'organes, le don du corps à la science sont acceptés, comme un sacrifice louable pour aider autrui.

La crémation est acceptée depuis la fin du XIXème siècle.

Une cérémonie simple

Quant aux différents temps du cérémonial funèbre, il est soumis aux impératifs du dépouillement. Fuyant l'idolâtrie et la superstition, les protestants vont éviter le recours aux symboles, préférant adopter une posture humble, centrée sur l'évocation du chagrin de la perte et la manière de surmonter cette séparation.

Organisée par la famille avec le pasteur, la cérémonie d'actions de grâce évoque le parcours du défunt, ses qualités ; l'idée est de parler de ce qu'il fut et de ce qu'il fit, sans pour autant s'adresser directement à lui.

Prières, lectures des textes sacrés, chant des psaumes, bénédiction des proches, l'ensemble peut être complété par des écrits et des musiques profanes, choisis avec l'officiant. Ce dernier lit les différents passages sélectionnés, de même que les participants.

La cérémonie funèbre peut avoir lieu au temple, ou au funérarium. Elle est par principe courte, ne dépasse pas plus d'une heure. Elle peut se dérouler avant ou après l'inhumation ou la crémation.

La présentation du corps n'est pas nécessaire, du reste la présence d'un cercueil dans certains temples est interdite, et il faut souvent demander une dérogation spéciale pour obtenir l'autorisation de placer une bière dans certains lieux de culte.

Des funérailles humbles

Tout comme la cérémonie, la crémation ou l'inhumation sont empreints de sobriété. Le pasteur peut y assister, ainsi qu'à la levée du corps, afin d'y prononcer une prière. Le faire part peut être introduit par un verset biblique, désigné par le disparu ou un de ses proches.

Le cercueil est également dépouillé, de formes spartiates, rarement orné d'une croix huguenote. De même la sépulture sera modeste, complétée éventuellement d'une citation des évangiles.

Les fleurs sont rares, on préférera donner cet argent à des associations. Les protestants ont pour coutume de jeter une poignée de terre ou de sable sur le cercueil quand il est placé dans la tombe.

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