Conservation du corps : Qu’est-ce que c’est ?

soin de conservation du corpsAprès la toilette mortuaire, visant à donner un aspect plus naturelle et détendu au défunt, il est possible de recourir à des soins de conservation du corps. Cette pratique est facultative, bien qu’obligatoire si le défunt doit être transporté dans certains pays étrangers.

Il est important de préciser que les soins de conservation sont différents de la toilette mortuaire (funéraire ou rituelle), qui consiste à habiller et à laver le corps afin de rendre le défunt le plus présentable possible à la famille (elle peut aussi obéir à certains rites religieux le cas échéant).

À l’origine, on parlait d’embaumement, une méthode pratiquée par les égyptiens pour momifier le corps.

Soins de conservation : quelle utilité ?

Généralement, il n’est pas utile d’exercer des soins de conservation quand la dépouille est conservée dans une chambre mortuaire ou une chambre funéraire, elles-mêmes assorties de cases réfrigérantes.


Ils pourront cependant être profitables dans le cas où le corps est susceptible de se dégrader plus rapidement. En effet, la thanatomorphose peut, dans certains cas, être très rapide et varie principalement selon les circonstances du décès et de l’état de santé du défunt.

Avant, quand le défunt était transporté sans cercueil plus de 24 heures suivant le décès, la loi obligeait la pratique des soins de conservation. Cette obligation fut supprimée par le décret du 28 janvier 2011, repoussant ce délai de 24 à 48 heures.

Soins de conservation et transport à l’étranger

En cas de rapatriement ou transport du corps à l’étranger, la loi française n’oblige pas que le corps ait subi des soins. Néanmoins, certaines compagnies aériennes obligent la mise en œuvre de tels soins dans certains cas bien précis.

Aussi, bon nombre de pays ordonnent que des soins de conservation aient été effectués pour autoriser la venue du corps sur leur territoire (renseignez-vous auprès des compagnies pour connaitre la liste complète des pays concernés ici).

Les différentes méthodes de conservation

Le froid ainsi que divers procédés chimiques et peuvent garantir la conservation du corps jusqu’à la mise en bière. Ces différentes techniques de soins sont généralement accompagnées de soins cosmétiques telles que :

  • la coiffe ;
  • la manucure ;
  • et le maquillage.

À noter qu’il est possible de faire la demande pour les effectuer vous-même (à domicile par exemple).

Par le froid : écologique et facile

La glace carbonique

Ce procédé permet de conserver le corps au domicile familial du défunt.

Cette technique est de loin la plus utilisée car elle s’avère être la plus écologique et garanti, dans 90% des cas, d’excellents résultats.

La glace est appliquée sur différents endroits du corps qui gèlent à son contact (jusqu’à -96 degrés) et doit être renouvelée toutes les 24 à 36 heures maximum pour conserver une température de -78 degrés.

Elle ne requiert aucune autorisation ni quelconque démarche administrative : la glace se commande via des entreprises spécialisées.

Les équipements réfrigérants

Il existe 2 types d’équipement principaux : le lit funéraire réfrigérant et la rampe. Tous deux offrent la possibilité de maintenir le corps suffisamment froid pour que son état de conservation ne soit pas altéré.

Les fabricants spécialisés fabriquent de nos jours des équipements pratiques à transporter à domicile grâce à son faible encombrement, et sont conçus pour être utilisés dans des locaux non spécialisés.

La location de ce genre d’appareil est d’environ 40 euros par jour et est fortement recommandé quand le corps reste à domicile.

Encore une fois, ils ne nécessitent aucune autorisation ni démarches administratives particulières.

Les méthodes chimiques

« La thanatopraxie est l’ensemble des techniques mises en œuvre pour la conservation temporaire et la présentation des corps».

Les soins effectués avec l’intervention de produits chimiques ne sont pas obligatoires et chimique doit respecter les principes de l’art. R.2213-2-2 :

  • L’accord du maire où le décès est survenu ou de celui où les soins sont effectués ;
  • Ces soins sont pratiqués par un thanatopracteur diplômé en présence d’un représentant de la loi comme un policier ou un gendarme.

Ces méthodes sont plus connues sous le nom de « thanatopraxie » ou « formolisation ».

La thanatopraxie est un procédé invasif ayant pour but de substituer le sang ainsi que les fluides corporels du défunt par une injection de produit antiseptique tel que le formol (entre 6 et 7 litres de produits). Cela, afin de suspendre tout avancement de décomposition du corps pour une durée de 2 à 3 semaines.

> Les avantages de la formolisation

  • Lorsque pour diverses raisons, la fermeture du cercueil doit être retardé de plusieurs jours (enquête, autopsie etc…).
  • Le délai minimum avant la fermeture du cercueil peut alors être repoussé à 48h.
  • Les procédés de conservations chimiques permettent de garder le corps à domicile sans passer par une chambre funéraire.

> Les inconvénients du formaldéhyde

  • Ce produit est très dangereux et classé dans la famille des cancérigènes, ainsi le personnel soignant (thanatopracteur, personne présentes, personnels….) s’expose à certains risques ;
  • Il est aussi réputé pour créer de sévères réactions allergiques altérant les muqueuses, les voies respiratoires et les yeux.
  • Les produits utilisés tel que le formol, sont extrêmement polluants.

La thanatopraxie en France

Selon une enquête 2012, la thanatopraxie a connu un développement très important dans l’hexagone :

  • elle est exercée sur 40 % à 50 % des défunts,
  • 200 000 actes de thanatopraxie annuellement,
  • 50 nouveaux thanatopracteurs sont formés chaque année.

Toujours selon cette étude, ce métier de thanatopracteur regroupait 1500 à 2000 diplômés, comprenant 800 praticiens réguliers.

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