France : être inhumé avec sa moto, c’est désormais possible

On se souvient du corps de Billy Standley, arborant blouson en cuir et casque rutilant pour rejoindre son ultime demeure à cheval sur sa Harley Davidson Electra Glide 1967 ; la vidéo immortalisant l’enterrement spectaculaire du biker américain dans son cercueil de plexiglas avait fait le tour de la toile, demeurant un référence unique jusqu’à ce jour. Il a désormais un concurrent (et un compagnon de route ?) en la personne de Arnaud Migliorati, motard tourangeau très récemment enterré avec sa moto. Une première hexagonale en matière d’obsèques « originales » … qui devrait en inspirer bien d’autres ? Retour sur cet événement de fin 2017 dans cet article.

L’engagement d’un maire

Arnaud Migliorati sur son bolide...

Il le désirait plus que tout, l’avait explicitement formulé auprès de ses proches à plusieurs reprises : en cas de décès, Arnaud Migliorati voulait être inhumé avec sa Yamaha R6 Replica Rossi, un clin d’œil au pilote de course italien Valentino Rossi qu’il adulait. Décédé à 46 ans après un accident de la route, le motard a vu son vœu exaucé grâce au maire de Saint Roch, Alain Anceau.

Chargé d’annoncer la funeste nouvelle aux proches du défunt, ce dernier, profondément touché par leur requête, a donné son accord de principe, … à condition que la loi ne s’y oppose pas.

Dépolluer la moto : une exigence

Après avoir épluché les textes officiels, consulté l’Association des Maires de France et passé au crible la réglementation du cimetière de sa commune, Mr. Anceau a constaté l’absence de directives en la matière … et donné son feu vert. Seule condition : dépolluer l’engin, certificat à l’appui. La batterie a donc été extraite, les circuits vidés et nettoyés de toute trace d’huile de moteur ou de fourche, d’essence, de liquide de frein, bref tout ce qui pourrait souiller les sols du terrain commun.

Restait ensuite à gérer les problématiques techniques de l’inhumation, notamment la question de la place.

Mise au tombeau spectaculaire

Les pompes funèbres ont préconisé de contractualiser la concession d’un double caveau, pour avoir la profondeur nécessaire. La moto a été placée en premier à l’aide d’une grue, dans un caisson étanche, avec l’équipement de conduite, vêtement, casque, gants, … et la clé de contact. Un plancher a été apposé au-dessus pour accueillir le cercueil qui surplombe donc l’ensemble. Le tout a été filmé pour conserver la mémoire de cet enterrement digne des obsèques vikings.

Petite anecdote : passionné qu’il était, le défunt avait prévu une solution de rechange en cas de refus des autorités, faire sceller la dite moto sur la tombe en guise de stèle funéraire.

Un hommage de bikers

Une option problématique : si par chance la municipalité avait permis pareille opération, l’engin se serait forcément usé avec le temps et les intempéries. Le projet initial ayant été retenu, la mise en terre a été saluée par quelques deux cents motards venus de partout en France, qui ont cumulé les ruptures de moteur, alternatives mécaniques à l’habituelle minute de silence, saluant ainsi le disparu … et cette première hexagonale en matière de funérailles, qui a coup sûr, va générer des vocations.

La minute de silence intense des 200 motards réunis pour la funeste occasion.

En bref ...

Que retenir de ce fait divers ? Il illustre parfaitement la flexibilité de la loi en la matière : hormis les directives de 1963 interdisant d’être enterré avec son animal domestique, rien n’empêche d’être inhumé avec un objet personnel, aussi imposant soit-il. C’est au final le maire qui, responsable de la bonne tenue de son cimetière, tranche sur la faisabilité des derniers vœux, autorisant ou non leur orchestration, en fonction de sa vision des choses et des impératifs de l’époque (on pense notamment à la la problématique environnementale).

Autre point intéressant : le choix de Arnaud Migliorati traduit l’individualisation progressive impactant actuellement les dernières volontés ; désormais et de plus en plus, on se dégage des diktats de la tradition et des coutumes pour désirer des funérailles à sa mesure, en correspondance avec son identité et ses désirs. On remarque ici que les professionnels du secteur essayent dans la mesure de leurs capacités de s’y conformer, d’apporter des solutions pour que cela soit réalisable.

Restent la question du coût de pareilles desiderata, un sujet qui n’a guère été abordé.

Crédit photo : Lanouvellerepublique.fr

Pierre C.
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Fondateur de Lassurance-obseques.fr

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