On dénombre aujourd’hui en France 1,3 million de personnes âgées souffrant de dépendances multiples. Dans un pays à la population vieillissante, ce chiffre va irrémédiablement être amené à s’alourdir dans les futures décennies. Pourtant le sujet demeure tabou, les familles n’abordant la question que quand elle se présente, au lieu d’anticiper le problème bien avant. Avec des conséquences souvent difficiles à assumer au niveau financier, sanitaire et humain.
Perte d’autonomie : un tabou français
La dépendance : Un sujet qui fait peur
Refus d'admettre l'inéluctable, anxiété face aux conséquences de la vieillesse ou manque total d'information, 83 % des français jugent normal et moral un soutien intergénérationnel, seuls 48 % s'interrogent sur la problématique de la dépendance.
Ils ne sont que 12 % à aborder le sujet en famille pour le solutionner en amont en budgétant ce que coûteront les soins et les aides nécessaires puis en mettant par exemple en place des assurances dépendances.
Un coût financier considérable
Ce peu d'intérêt est d'autant plus étonnant que toute situation de ce type implique un budget conséquent :
- 21,1 milliard pour l’État ;
- 7,2 milliard pour les ménages, amenés à participer à la prise en charge de leurs aînés ;
Le montant total de la facture correspond à 1,41 % du PIB, ce qui est considérable et va augmenter dans l'avenir avec une pointe à 35 milliards d'euros.
Pourtant uniquement 30 % des français ont conscience que ce phénomène implique un tel poids au niveau financement.
Une infrastructure prenante
Autre paramètre à prendre en compte dans l'équation de la dépendance, 77 % de nos compatriotes préfèrent vivre leurs vieux jours chez eux, à domicile ; les instituts spécialisés et les familles d'accueil ne font pas l'unanimité.
En conséquence, les proches amenés à s'occuper de leurs parents vieillissants doivent le faire à demeure. Ils sont parfois conduits à réduire leur temps de travail, ce qui entraîne une chute des revenus et des cas de plus en plus nombreux de surmenage, car ce type d'activité suppose un suivi professionnel que ne peut endosser un néophyte.
Des mesures concrètes
La loi sur la perte d'autonomie en France, mise en place le 1er janvier 2016, vise à améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes et à adapter la société au vieillissement.
Cette législation prévoit la création de places supplémentaires en EHPAD et USLD, l'augmentation du budget alloué à l'aide à domicile, ainsi que la formation des professionnels du grand âge. Elle renforce également les dispositifs d'aide financière tels que l'APA et les aides fiscales pour l'adaptation du logement.
La loi cherche ainsi à répondre aux défis du vieillissement démographique, soutenir les personnes âgées et leurs proches, et faciliter le maintien à domicile.
