Le deuil est un bouleversement humain dont on ne peut pas mesurer les effets dans l’instant. Dans un monde où les progrès des sciences, y compris les sciences humaines, font penser que l’on peut tout maîtriser, la mort est un événement de la vie qui, par nature, échappe à la tentation de maîtrise.
Surmonter un deuil
Un bouleversement mental ... et physique !
Les bouleversements qu’elle engendre sont autant de chemin d’humanité. Parfois insurmontables, d’autres fois plus doux, il est bien difficile d’apprécier à l’avance la longueur de ces chemins de vie.
Avec son expression « travail de deuil », Freud est venu remplir un vide. En évoquant les différentes étapes de ce parcours, il a répondu au besoin très contemporain de disposer d’une vision globalisante du temps du deuil.
Dans l’époque que nous vivons, où les pratiques funéraires s’individualisent, la notion de travail de deuil a rencontré un large écho dans l’opinion. C’est en effet une cartographie du chemin psychologique que nous sommes tous supposés suivre en cas de perte d’un être cher. Mais cette approche ne suffit pas. On s’aperçoit en effet que l’enjeu de tout deuil est autant la capacité d’un individu à surmonter une épreuve individuelle, que celle du groupe social qui l’environne à le soutenir.
En effet, à force de considérer le deuil comme un processus individuel centré sur l’acceptation de la séparation, on perd la mesure des interactions sociales qui l’entourent. On ne se trouve jamais tout seul à vivre un deuil. On vît le deuil d’un être ayant appartenu à une communauté humaine multiforme rassemblant sa famille, ses amis, son milieu professionnel, son voisinage et ses communautés d’appartenance, qu’elles soient religieuses, citoyennes ou associatives.
Et c’est pourquoi le temps des obsèques est si précieux. Il doit en effet permettre de situer l’événement que constitue tout décès dans sa juste dimension sociale. Il permet aux endeuillés de puiser dans l’affection de leur entourage les forces de vie qui leur seront nécessaires pour apprivoiser l’absence.
Savoir que la mémoire du défunt et présente chez temps de personnes qu’ils l’ont connu et aimé est une consolation qui aide à surmonter l’altérité de la perte.
Parmi les bouleversements qu’engendre la mort, figure celui de notre état émotionnel
Le besoin d’extérioriser par la parole et les larmes ce que nous ressentons est bien naturel.
L’organisme tout entier est sous le choc et l’être touché ne peut plus s’assumer comme avant. C’est ce que certaines traditions locales rappellent en prescrivant que les proches d’un défunt soient assistés pendant un temps dans leurs besoins essentiels (alimentation, sommeil..).
Sur le long terme, le besoin de parler du mort reste fort et ne doit pas être rejetée par l’entourage sous prétexte qu’il serait le signe d’une régression dans le travail de deuil.
Le deuil bouleverse aussi les rapports au sein des groupes sociaux auxquels le défunt appartenait. Dans l’histoire d’une famille, d’un groupe d’amis, d’une entreprise ou encore d’un pays, quoi de plus marquant que la mort d’un père, d’une mère, d’un responsable, d’un chef. Le vide laissé doit être comblé au moyen d’une réorganisation des rapports entre les différents acteurs.
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