Autopsie : que faut-il savoir sur l’examen médico-légal d’un corps ?

Moment phare des grands feuilletons policiers, l’autopsie d’un corps implique l’analyse complète de ce dernier afin de déterminer les causes exactes du décès. Le terme est dérivé du grec « autopsia » qui désigne le fait d’observer avec son propre regard.

Scénarisée de façon souvent spectaculaire dans les romans et les films, l’autopsie demeure une réalité concrète à laquelle les familles peuvent être confrontées dans certaines situations aussi complexes que pénibles.

Dans quel cadre a lieu une autopsie ? Qui décide de l’opération ? Dans quelle optique ? Comment se déroule-t-elle ?

L'autopsie : trois champs d'action

Cette intervention survient dans trois cas bien spécifiques :

1) L'autopsie médico-légale

C'est la plus connue du grand public friand d'enquêtes policières. Décrétée par un juge dans le cadre d'une affaire judiciaire, elle a pour objectif :

  • de déterminer l'identité d'un mort anonyme ;
  • comprendre les circonstances de sa disparition ;
  • accumuler données scientifiques et preuves en vue d'un éventuel procès.

On a recours à ce type d'examen en cas d'accident posant question, de soupçon d'homicide, de suicide, d'attentat ... toute situation où les causes du décès s'avèrent opaques.

On ordonne également l'autopsie des cadavres en cas de catastrophe de grande envergure, quand le nombre important des corps et leur état implique un examen approfondi pour rétablir l'identité de chacun.


C'est un médecin légal, assermenté par la justice, qui assure l'examen.

La famille ne peut s'y opposer, de même les convictions ou l'interdiction explicite prononcée par la personne décédée de son vivant. Les autorités doivent cependant avertir les proches de la décision et du processus de restitution de la dépouille.

Une fois examinée, cette dernière est reconstituée mais demeure disponible pour une nouvelle observation.

2) L'autopsie médico-scientifique

Elle a pour but de diagnostiquer le mal fatal et mystérieux qui a emporté le disparu.

Cette démarche permet notamment de comprendre pour quelles raisons un traitement n'a pas fonctionné, ce qui a entravé sa portée.

Concernant les fœtus, ils sont examinés s'ils sont décédés alors qu'ils étaient encore dans la matrice ou après un avortement pour cause d'anomalie. L'examen n'a pas forcément à être mené par des docteurs experts en anatomie pathologique.

Ce type d'autopsie est beaucoup plus rare. Les proches peuvent refuser l'examen, et celui-ci n'aura pas lieu si le défunt a spécifié qu'il s'y refusait. Le cadavre doit être rendu aux familles après avoir été reconstitué, et dans un état présentable.

3) L'autopsie sanitaire

On y a recours dans les périodes d'épidémie grave souvent pour connaître le germe ou le virus en cause.

L'autopsie : un processus précis

Peu importe le type d'autopsie, elle doit avoir lieu au plus vite et être menée avec sérieux et rigueur selon un processus déterminé. Ainsi elle se déroule toujours de la même façon, enclenchant une observation externe et une analyse interne approfondie, le tout documenté par des photographies et des mesures.

L'examen externe

Il a d'abord lieu sur le lieu même de la mort, pour établir les premières constatations, et étudier le placement du cadavre dans son environnement. Une fois arrivé sur la table d'autopsie, le corps est de nouveau observé tel quel puis déshabillé et lavé pour une seconde évaluation.

Après avoir établi le sexe, la taille, la masse, la couleur de peau et de poil, relevé les empreintes digitales, le médecin scrute toutes les parties du corps en quête de blessures, d'impacts, de traces de coups, d'ecchymoses ... tous les signes indiquant la cause de la mort.

Il cherche également tous les indices déterminant les étapes précédant le décès (traces de liens, piqûres, possible viol, ...), réalise des prélèvements dans les cheveux, sous les ongles, en quête d'ADN...

Tous les signes distinctifs (grains de beauté, cicatrices, marques, tatouages ...) sont scrupuleusement consignés pour aider à l'identification de la personne.

Les vêtements et les objets personnels sont passés au crible, référencés et si besoin conservés précieusement comme preuves ; si ce n'est pas le cas, on les restitue à la famille.

L'examen interne

Il vise à l'observation, l'extraction et l'analyse de l'ensemble des organes internes, ainsi que des muscles et du système nerveux. Tout est pesé, des prélèvements sont effectués en vue d'analyse en laboratoire, le cadavre est également radiographié si cela est nécessaire.

Il s'agit de parfaire les remarques effectuées en amont. C'est à ce moment qu'on découvre les cas d'hémorragie interne, de fracture du crâne, l'effet dévastateur d'un projectile, d'une substance toxique.


C'est aussi grâce à l'approche interne qu'on parfait la connaissance du vécu du défunt, ce qu'il avait mangé avant de mourir, son état de santé général, d'éventuelles prothèses qui aideraient à retracer son parcours, peut-être l'identifier.

Dans le cas de corps très endommagés (brûlés, noyés ou écrasés) on pourra avoir recours à des techniques d'investigation beaucoup plus élaborées visant par exemple à mettre à jour les ossements pour les analyser.

Le rapport d'autopsie

Ce document officiel clôt le processus en dressant le bilan des observations effectuées. Destiné aux instances judiciaires ou, dans le cadre d'une autopsie médico-scientifique, aux familles, il doit toujours être rédigé clairement et de façon minutieuse pour ne faire l'objet d'aucune contestation.

On y trouve :

  • le nom et la fonction du médecin en charge de l'opération ;
  • la date et le lieu de cette dernière ;
  • toutes les données éclaircissant l'identité et le mode de vie du défunt ainsi que la découverte de son corps ;
  • les notes concernant les circonstances de sa mort ;
  • le descriptif des opérations menées et des analyses réalisées ;
  • le rapport d'observation des organes.

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