Marché du funéraire public : quand l’UPFP annonce les mutations à venir

Le 12 juillet 2018, nous éditions un article explorant les différents types de pompes funèbres en activité, afin d’aider nos lecteurs à choisir au mieux le bon acteur funéraire au moment de signer un contrat d’assurances obsèques. Face aux grands groupes privés, nous trouvons un secteur public désinvesti de son monopole par la loi Sueur de 1993, et qui depuis peine à rivaliser … mais ne s’avoue pas vaincu, et compte même engager une totale métamorphose pour demeurer dans la compétition.

marche funeraire public

Un secteur bouleversé par l’assurance obsèques

Dans une interview publiée le 30 octobre 2018 par Lagazettedescommunes.com, Patrick Lerognon explicite cette exigence de mutation. Le président de l’Union du Pôle Funéraire Public n’y va pas par quatre chemins : « Si nous ne réagissons pas maintenant, de grandes difficultés nous attendent et nombre d’opérateurs pourraient disparaître ». En cause la percée magistrale des assurances obsèques et ses conséquences sur le marché.

Aujourd’hui environ 20 % des funérailles sont commandités via ce type de contrat, dans dix ans, ce chiffre aura doublé. Une hausse considérable qui pose un problème de taille. Les contrats obsèques sont majoritairement fournis par les milieux de la banque et de l’assurance, …  qui travaillent main dans la main avec les grands groupes du secteur. Nous avons souvent mis en avant ces partenariats en analysant les offres et prestations : les assureurs se tournent automatiquement vers les leaders du marché pour conclure des accords et orienter leurs clients vers ces réseaux au moment de sélectionner un prestataire.

Une opération d’envergure

Consciente de la menace, l’UPFP a décidé de réagir de manière énergique afin de protéger son pré carré et ses valeurs d’éthique et de partage propre à l’économie solidaire. Cette opération porte sur plusieurs objectifs :

  • Construire un réseau digne de ce nom qui renforcera l’interaction des opérateurs funéraires indépendants ; il s’agira aussi de conforter l’alliance préétablie avec les organisations mutualistes, notamment La Maison des Obsèques qui fédère une centaine d’agences spécialisées.
  • Créer une marque nationale qui mettra en avant les spécificités du réseau, le souci de qualité dans le service funéraire, le développement de nouveaux rites liés à la laïcité (un travail de recherche actuellement effectué par le SYPRES).
  • Fédérer les professionnels liés au réseau avec un numéro d’appel commun à tous.
  • Développer une stratégie digitale adaptée à une demande qui s’effectue désormais principalement via le web. Cela supposera la création de deux sites :
    • un premier destiné aux institutionnels, aux services funéraires municipaux, aux collectivités territoriales pour répondre à leurs questions
    • un deuxième ouvert aux particuliers pour informer les internautes, les aider à cibler les opérateurs funéraires liés au réseau.

L’ensemble devrait être finalisé pour le dernier trimestre 2019. « L’objectif est d’ouvrir une interface en B to C avec le grand public » explique Patrick Lerognon … et de défendre ainsi un secteur menacé de plus en plus par la politique d’absorption adoptée par les titans du funéraire.

Marché du funéraire public : quand l’UPFP annonce les mutations à venir
5 (100%) 1 vote

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.