L’enfant doit-il voir le défunt ?

enfant voir mort

Auprès du défunt dans le cadre du milieu hospitalier

De nos jours, souvent la scène se déroule dans un hôpital et nous ne sommes pas toujours maitres du déroulement des « opérations ». Il est d’ailleurs assez fréquent que l’équipe soignante ne voie pas du meilleur œil cette cohabitation entre l’enfant et le défunt, même de quelques minutes. Comme si cela représentait une chose tout à fait contre nature.

Tout cela est bien sûr inconscient mais très palpable, et parfois source d’incompréhension, voire d’agressivité. « Mais que fait ce gamin dans la chambre d’un mort ? Ça n’est pas la place d’un enfant ! » …Peuvent parfois lancer froidement les infirmières ou les médecins. Heurtant la famille dans sa douleur mais cherchant peut être eux-mêmes à se protéger et se révoltant aussi, d’une certaine façon, d’avoir perdu la partie (?)

Dans tous les cas, le temps n’est que peu laissé à l’entourage de se recueillir auprès de son défunt. Les hôpitaux, étant pour la plupart en surcharge doivent travailler à flux tendus et la chambre doit être très rapidement libérée, nettoyée et « débarrassée » des stigmates de la mort.

Concernant le défunt c’est directement la chambre froide qu’il l’attend, et cette fois-ci, très difficilement accessible à un enfant pour un éventuel adieu, si cela était son souhait.

Alors comment gérer toutes ces contradictions, comment faire face au poids des préjugés, des habitudes ? En core une fois par l’ouverture d’un dialogue, si tant est qu’on en ait la force en ces période tourmentée du deuil. On peut aussi essayer de parler avec les soignants, de leur expliquer l’importance pour soi et ses enfants de rester en contact avec le défunt, peut-être même de veiller son cadavre.

Un hôpital n’est effectivement pas une structure souple : accéder aux demandes particulières de la famille nécessite de gros efforts de la part des équipes déjà très largement sollicitées par ailleurs. Il faut en être conscient.

Vers de nouvelles tendances

Actuellement, les rites funéraires mobilisant un large cercle familial autour du cadavre sont en progressive voie d’abandon. L’urbanisation, l’éclatement des familles ont eu raison d’eux.

Mais on peut décider de se les réapproprier en cette circonstance douloureuse, si cela est source d’apaisement. Rester à côté du défunt n’est pas forcément quelque chose de morbide ou d’effrayant. C’est peut être un lapse de temps que l’on s’accorde pour dire clairement au revoir à jamais à la personne disparue. La transition du « avant » et « après » lui. De plus, chez certaines personnes, cela peut être lié à une croyance, une religion. Même s’il elle pourra s’avérer être totalement païenne tout en restant aussi instance et symbolique bien sûr.

En conclusion

La manière de dire adieu de l’enfant ne passe pas forcément par les mots ou le débordement émotionnel.

L’important pour lui, c’est surtout le concret : ce qu’il a vécu et partagé avec le défunt, c’est cela qui reste au seuil de la mort.

Un enfant n’a pas spécialement pour obligation d’être tenu à distance du cadavre. Nous insistons sur le fait qu’il n’y a rien de choquant, ni même traumatisant à ce qu’il communique à sa façon avec lui, en le regardant, le touchant : à condition bien sûr que cela vienne de lui et qu’il n’y soit à aucun moment forcé.

C’est aussi pour lui une manière d’intégrer la mort, de l’assimiler.

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