L’assurance obsèques : moyen pour les seniors de faire respecter ses volontés funéraires

Les résultats de l’enquête menée annuellement par la Fondation de France concernant la solitude dans l’Hexagone viennent de tomber comme un cri d’alarme : 27% de nos seniors seraient en situation d’isolement. A la veille des vacances scolaires d’été et des grands départs qu’elles engendrent, ce chiffre est lourd de menaces pour une population réputée fragile et précaire.

Mais les personnes âgées vulnérables puisque seules subissent d’autres menaces que purement sanitaires : cela va des risques d’escroqueries et de maltraitances financières en tous genres … à l’absence de dernières volontés spécifiques et de fonds dédiés concernant les funérailles. Dans cette perspective redoutable, les contrats d’assurance obsèques demeurent une solution adaptée … qu’il faut prendre en compte en amont.

Isolement des seniors : une hausse critique

Comme tous les ans, la Fondation de France a interrogé l’état de l’exclusion sociale sur le territoire. C’est désormais acté : un quart des septuagénaires sont seuls… une augmentation de 11% en sept ans, ce qui est à la fois conséquent et dramatique.

« Reclus chez eux, un grand nombre de nos anciens dépérissent dans l’indifférence générale, souffrants de maladies, de chutes, de déshydratation, mourants chez eux sans que le voisinage s’en inquiète » déplore Didier Barbeau, responsable du site des retraités : senior-magazine.com.

En cause plusieurs facteurs qui s’ajoutent parfois :

  • On prend bien sûr en compte les affections, la perte d’autonomie, la difficulté croissante à se déplacer, les handicaps qui s’accumulent au fil du temps et font qu’on a de plus en plus de mal à sortir faire ses courses.
  • Les veufs sont concernés bien évidemment, la perte de l’époux accroissant la solitude considérablement, mais on réalise via l’enquête que des couples sont aussi touchés, le silence succédant progressivement à l’habitude, surtout quand l’un des deux est atteint de maladie et/ou d’affaiblissement mental.
  • Enfin il y a le progressif éloignement des proches, enfants qui partent s’installer ailleurs et n’ont guère le temps ou l’envie de s’occuper de leurs parents, accaparés qu’ils sont par leur travail, leur propre progéniture, leur vie à faire, famille et amis qui s’étiolent au fil du temps et des décès.

À ce train, on se retrouve rapidement exclus des préoccupations générales, avec pour seul soutien le voisinage, concierge, commerçants du coin, qui malheureusement tendent à se dissoudre dans l’anonymat. Cet état de fait n’est pas forcément lié à la pauvreté ; des seniors bénéficiant de retraites confortables sont également touchés par cette crise ; ils constituent du reste des proies faciles pour les escrocs et pour certaines brigues sectaires.

La délicate question des dernières volontés

Ces données révèlent un problème de fond qui va s’aggraver au fil des ans et des départs en retraite, 8 millions pronostiqués jusqu’en 2020. Les associations se mobilisent pour briser cet isolement par de multiples solutions, les campagnes de sensibilisation s’enchaînent pour reconstituer du lien social entre les différentes générations.

Certaines mairies n’hésitent pas à contacter téléphoniquement leurs administrés les plus âgés en période de canicule ou d’épidémie de grippe pour s’assurer que tout va bien et qu’il n’y a pas de cas en détresse.

Demeure un point important qui mérite réflexion : qu’en est-il des dernières volontés des seniors décédés dans l’isolement le plus complet ? Très souvent la famille quand il en reste n’est absolument  pas informée de ces directives, encore moins de l’existence d’un éventuel testament et du notaire qui en a la responsabilité.

Il faut alors fouiller dans les papiers du défunt pour essayer de retrouver une trace de ces documents, ce qui n’est pas forcément évident si la personne disparue était atteinte de démence et avait délaissé depuis longtemps la gestion de son administratif.

C’est encore pire quand le défunt est parti sans laisser d’héritier. Ce sont alors les institutions qui doivent prendre en main la réalisation des funérailles, parfois même les financer quand il s’agit d’une personne indigente. Dans cette perspective, les obsèques seront des plus dépouillées, la personne n’aura qu’un tombeau des plus simples, une cérémonie civile, aucun service religieux, pas de monument…

La sécurité de l’assurance obsèques

Cette réalité étant appelée à se généraliser à l’avenir, des mesures de précaution et d’anticipation s’imposent. Outre le recours à un notaire pour établir un testament authentifié, on peut conclure une assurance obsèques afin de sécuriser ses dernières volontés. Les nombreux produits proposés en la matière favorisent l’orchestration et le financement en amont de funérailles sur mesure, dans le respect de ses ultimes désirs.

Pour ce faire, plusieurs conseils à suivre :

  • Il faut agir quand on en a encore les facultés et les moyens. La plupart de ces assurances peuvent être souscrites vers la cinquantaine, quand on est encore en mesure d’effectuer un comparatif et d’inscrire noir sur blanc ses volontés. L’âge limite se situe souvent entre 70 et 80 ans (85 ans chez certaines compagnies d’assurances) selon les établissements.
  • Il est essentiel de déterminer ce que l’on veut, donc de s’informer en matière d’organisation, de monuments, de cercueils, de type de cérémonial. Inhumation ou incinération ? Fleurs ou non ? Musique, mais laquelle ? Rituel traditionnel ou volonté écologique ? Cela demande un minimum d’informations, une réflexion … et un chiffrage pour savoir quel capital investir dans son contrat.
  • L’important est de comparer les offres, les différentes prestations adjointes au contrat et les tarifs… et de rencontrer les assureurs directement, pour leur poser des questions, découvrir leur approche, leur mode de pensée, avec qui ils travaillent, si on a une marge de liberté quant au choix de l’entrepreneur funéraire par exemple … Il ne faut rien conclure sur un coup de tête.
  • Une fois le contrat conclus, il convient de conserver un œil sur l’évolution des prix. Le coût des funérailles évolue tout le reste des denrées, biens et services. En cas d’augmentation des prestations, il faudra probablement adapter les cotisations pour ajuster les primes, et couvrir l’ensemble des dépenses.
  • Les documents de la police d’assurance doivent être accessibles, mis en évidence. En cas de catastrophe, les intervenants, soignants, policiers, pompiers doivent pouvoir trouver ces contrats pour les remettre aux autorités compétentes qui contacteront l’assureur.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le fait de conclure une assurance obsèques peut générer du lien social au long terme, les contractants étant amenés à dialoguer régulièrement avec les agents en charge de leur dossier, pour modifier une clause, discuter des exclusions de garanties, ajouter une volonté…

Les mutuelles se multiplient qui veulent donner un sens militant à leur action, prônant à l’instar du Maif Social Club la création de lieux de rencontres et d’échanges fréquentés par leurs adhérents : cela inclut bien évidemment les seniors.

À lire aussi : Les limites et possibilités en termes de dernières volontés

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