Lorsqu’une personne prépare ses obsèques, elle pense souvent au choix entre inhumation et crémation, à la cérémonie, au cercueil ou au financement. Ce qui restera visible après les funérailles est beaucoup moins souvent anticipé : monument, plaque, inscription, photographie ou symbole.
Pourtant, il est possible de réfléchir de son vivant à une partie de ces éléments et de transmettre ses préférences. Cela demande toutefois de distinguer trois choses : les dernières volontés encadrées par la loi, les souhaits plus personnels concernant l’apparence de la sépulture et les prestations réellement prévues par un éventuel contrat obsèques.
La plaque funéraire peut elle aussi être pensée de son vivant
Réfléchir à sa future plaque permet surtout de donner à ses proches des indications concrètes sur l’hommage que l’on souhaiterait laisser.
Il est possible, par exemple, de choisir à l’avance une phrase, de sélectionner une photographie, d’indiquer un motif auquel on tient ou simplement de préciser que l’on souhaite quelque chose de très sobre. Ces décisions peuvent paraître secondaires lorsqu’on organise ses obsèques, mais elles évitent aux proches d’avoir à interpréter seuls les goûts de la personne après son décès.
La démarche peut rester très simple. Une personne peut conserver une photographie précise et une courte épitaphe, sans déterminer immédiatement toutes les caractéristiques techniques de la future plaque. À l’inverse, elle peut vouloir visualiser plus concrètement son projet. Un configurateur comme celui proposé par Plaque Décès permet notamment d’examiner différentes formes et fixations, puis d’ajouter du texte, une photo ou une image afin de mieux formaliser une préférence.
Le point clé est de laisser une intention compréhensible. Une plaque imaginée aujourd’hui devra en effet pouvoir s’adapter au monument, à l’emplacement et aux possibilités qui existeront réellement au moment des obsèques.
Distinguer ses dernières volontés de ses préférences esthétiques
Cette distinction est essentielle pour ne pas donner la même portée juridique à toutes les décisions préparées à l’avance.
La loi française permet à une personne majeure ou mineure émancipée, en état de tester, de régler les conditions de ses funérailles. Elle vise notamment leur caractère civil ou religieux et le mode de sépulture. Une ou plusieurs personnes peuvent également être chargées de veiller à l’exécution de ces dispositions.
Il ne faut toutefois pas étendre automatiquement cette règle à chaque détail décoratif d’une future sépulture. La loi ne cite pas spécifiquement la couleur d’une plaque, sa forme, une photographie ou un graphisme particulier. Ces préférences peuvent être consignées et communiquées aux proches, mais leur exécution ne doit pas être présentée comme juridiquement garantie de la même manière sans fondement plus précis.
Concrètement, il est donc utile de séparer les décisions essentielles concernant les funérailles des indications esthétiques. Écrire que l’on souhaite une plaque discrète avec une photographie particulière et quelques mots précis donne une orientation claire, sans faire de ce souhait un cahier des charges que les proches pourraient nécessairement reproduire à l’identique.
Un contrat obsèques ne finance pas automatiquement tous les choix
Ce point permet d’éviter une confusion fréquente entre le fait d’exprimer un souhait et celui de prévoir contractuellement son financement et sa réalisation.
Un contrat en capital et un contrat obsèques en prestations ne fonctionnent pas de la même manière. Le premier prévoit un capital destiné au financement des funérailles, sans constituer nécessairement une description détaillée de chaque prestation souhaitée.
Le contrat obsèques en prestations va plus loin dans l’organisation. Les prestations prévues doivent y être décrites de façon détaillée. Si une personne souhaite qu’un élément particulier soit effectivement pris en charge, le bon réflexe est donc de vérifier s’il figure réellement dans les documents contractuels.
Une plaque funéraire, une gravure, un monument, une photographie ou un autre ornement ne doivent jamais être considérés comme systématiquement compris dans tous les contrats. Leur présence et leurs caractéristiques dépendent des prestations effectivement prévues.
Une personne qui prépare ses obsèques peut donc avoir exprimé un souhait très précis concernant sa sépulture sans que celui-ci soit financé par son contrat. Inversement, certaines prestations peuvent avoir été prévues contractuellement sans que tous les détails esthétiques aient été déterminés. Relire le descriptif des prestations permet de savoir exactement ce qui a été organisé.
Texte, photo, symbole : que peut-on réellement préparer ?
Pour être utile aux proches, une préférence n’a pas besoin de prendre la forme d’un dossier extrêmement détaillé.
Plusieurs informations peuvent néanmoins être préparées facilement :
- le texte ou l’épitaphe envisagés ;
- l’orthographe exacte du nom et des prénoms à utiliser ;
- une photographie précise ou une sélection de photographies ;
- un motif, un paysage, une passion ou un symbole significatif ;
- une préférence de forme, de couleurs ou de sobriété ;
- les styles ou effets que l’on souhaite au contraire éviter.
La précision doit porter en priorité sur ce qui compte vraiment. Écrire simplement « je veux une plaque qui me ressemble » laisse une grande part d’interprétation. Indiquer plutôt que l’on souhaite utiliser une photographie déterminée, accompagnée d’une courte phrase, donne aux proches une indication beaucoup plus exploitable.
Il peut également être utile de conserver les fichiers originaux des photographies choisies et d’indiquer où ils se trouvent. Une image enregistrée uniquement sous la forme d’une petite copie ou d’une capture peut être moins adaptée à une future réalisation.
Préparer ses souhaits sans figer des choix qui pourront évoluer
Anticiper ne signifie pas nécessairement décider aujourd’hui de chaque caractéristique d’un objet qui ne sera peut-être réalisé que bien plus tard.
Les modèles commercialisés évoluent. Les formes disponibles, les systèmes de fixation, les matériaux ou les techniques de personnalisation peuvent également changer. Les goûts de la personne elle-même ne sont pas figés : un choix fait plusieurs années auparavant peut ne plus correspondre à ce qu’elle souhaite par la suite.
Il peut donc être plus pertinent de conserver une intention très claire et une certaine souplesse dans son exécution. Par exemple : « une plaque sobre utilisant cette photographie et cette phrase » laisse davantage de possibilités d’adaptation qu’une référence commerciale précise accompagnée d’une longue liste de caractéristiques techniques susceptibles de ne plus être disponibles.
Les souhaits peuvent aussi être relus et actualisés. Une nouvelle photographie, une évolution familiale ou simplement un changement de préférence peuvent justifier de modifier les indications laissées aux proches.
La mairie et le cimetière conservent leurs propres règles
Préparer sa sépulture à l’avance ne permet pas de s’affranchir des règles applicables au lieu où elle sera installée.
Le Code général des collectivités territoriales prévoit que les inscriptions placées sur les pierres tumulaires ou les monuments funéraires doivent être préalablement soumises à l’approbation du maire. Cette disposition concerne les inscriptions et ne doit pas être transformée en règle générale sur tous les éléments d’une sépulture.
Le règlement du cimetière peut par ailleurs prévoir des prescriptions pratiques propres à la commune. Lorsqu’un projet particulier est envisagé, il est donc préférable de vérifier les règles applicables auprès de la mairie concernée.
Cette limite est particulièrement importante lorsqu’un choix a été préparé longtemps à l’avance. Le monument finalement installé, la configuration de la concession ou les règles locales peuvent être différents de ce qui avait été imaginé. Le souhait initial devra alors être adapté à la situation réelle.
Les informations utiles à laisser à ses proches
Quelques éléments bien organisés sont souvent plus utiles qu’une succession de souhaits dispersés dans différents documents.
Une fiche conservée avec les autres informations relatives aux obsèques peut notamment mentionner :
- le mode de sépulture souhaité ;
- les personnes informées des dernières volontés ;
- le texte ou l’épitaphe envisagé ;
- la photographie ou le visuel éventuellement retenu ;
- les grandes lignes du style de plaque ou de monument souhaité ;
- l’emplacement des photographies et documents utiles ;
- les prestations effectivement inscrites dans le contrat obsèques ;
- les coordonnées de la personne chargée de veiller aux volontés lorsqu’une personne a été désignée.
Il est également utile que les proches sachent que ces informations existent et où elles sont conservées. Une préférence très précise perd une grande partie de son intérêt si personne ne peut la retrouver lorsque vient le moment d’organiser les funérailles et la sépulture.
Choisir sa plaque funéraire de son vivant ne consiste donc pas nécessairement à arrêter définitivement chaque détail de sa future tombe. L’objectif est surtout de transmettre une intention suffisamment claire pour que les proches comprennent l’hommage souhaité.
Cette anticipation gagne à rester distincte des prestations effectivement souscrites dans un contrat et suffisamment souple pour tenir compte du monument, des possibilités disponibles et des règles du cimetière au moment où ces choix devront être réalisés.
