Chistann : un cercueil livré chez soi et à monter soi-même

Voici une nouvelle tendance qui perce dans le domaine funéraire : après le cercueil en carton ou en ardoise, après les ateliers où les personnes âgées construisent leur propre catafalque, voici le cercueil en kit livré par correspondance. De quoi s’agit-il ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ce produit ? Est-il utilisable en France ?

Présentation du cercueil « en kit »

Conçu par l’entrepreneur Dingco Geujtenveek, ce modèle est baptisé Chistann, un patronyme dérivé du terme suédois « kistan » qui désigne un cercueil.

Il comprend plusieurs planches (socle, côtés, couvercle) qu’il faut joindre en suivant les conseils de la méthode d’assemblage livrée avec les différentes parties. Des rainures et des orifices facilitent la jonction des pièces, parois et poignées, des visses fournies avec le pack finalisent la fixation de l’ensemble.

Une fois mise en place, l’intérieur de la boite est revêtu d’un drap-linceul en coton naturel bio, assorti d’un oreiller adapté. Le tout est contenu dans un paquet en carton d’une trentaine de kilos environ.

Les avantages

Mis au point au terme de dix-huit mois de tests, ce « coffin in the box » (cercueil en boite), comme l’indique judicieusement la publicité, présente plusieurs avantages :

  • il convient parfaitement à une incinération ;
  • il faut un quart d’heure maximum pour le mettre en place ;
  • il est léger mais solide, et peut contenir un corps allant jusqu’à 110 kilos ;
  • taillé dans un bois blanc brut, il est écologique ;
  • complètement nu, il peut être décoré selon la volonté du propriétaire ;
  • il coûte 235 euros en moyenne, ce qui constitue une réduction drastique en matière de facture globale des funérailles ;
  • on peut le commander par internet, l’objet étant délivré par la poste.

Les limites

Disponible d’ici une quinzaine de jours en Hollande, le Chistann va progressivement percer dans les pays limitrophes puis en Europe. Pourra-t-on en user en France ? Il est tout à fait possible qu’il s’enracine dans le marché français, à l’image du cercueil en carton. Cependant, au vu des normes de sécurité et d’hygiène, il va probablement falloir respecter un temps de test avant homologation par le ministère de la santé.

Ajoutons que le produit présente certaines lacunes qui vont à l’encontre des lois :

  • Il n’y a pas de plaque comportant le nom du défunt ni la date de naissance et de décès.
  • Le produit n’est doté d’aucun revêtement étanche, le couvercle comme le fond, constitués de deux parties ajustées mais non vissées sont propices à l’infiltration ou à la fuite de liquides.
  • Il ne possède pas de cuvette biodégradable, élément pourtant incontournable pour assurer l’étanchéité de l’ensemble.
  • Il faudrait par ailleurs vérifier que les parois respectent les 22 millimètres d’épaisseur réglementaires.
  • Enfin le processus de fixation n’apportera pas forcément la solidité nécessaire pour un transport viable (la caisse risque de bouger, les planches de se disjoindre avec les vibrations), les visses n’étant prévues que sous et sur le cercueil, les parois n’étant que « clippées »).
Chistann : un cercueil livré chez soi et à monter soi-même
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