Manifestations physiques du deuil : quand le corps exprime le chagrin de la perte …

Qu’on le veuille ou non, qu’on y soit préparé ou pas, la disparition d’un être cher constitue un véritable traumatisme qui se traduit chez les survivants par des signes physiologiques multiples.

Ces signes, il ne faut absolument pas les négliger : en effet dans certains cas, ce malaise peut s’aggraver et devenir source de maladie.

Les médecins l’attestent : ils constatent une hausse de fréquentation de la part de personnes frappées de deuil, de veuvage notamment. Détresse, perte des repères, manque absolu après le départ du compagnon, le chagrin face à la mort entraîne des troubles pathologiques qu’il ne faut pas ignorer. Comment repérer ces syndromes ? Que faire pour les neutraliser ?


Quels sont les différents symptômes du deuil ?

Ces signes surviennent à l’annonce du décès, pendant toute la préparation des obsèques, durant les funérailles, après la cérémonie, lorsqu’on trie les affaires du défunt … ils disparaissent progressivement avec le processus de deuil ou perdurent, constituant pour certains un véritable handicap, voire un sérieux risque de santé.

On relève les dysfonctionnements suivants :

  • Bourdonnements et sifflements d’oreilles, réactivité à certains sons
  • Vision trouble, sensibilité à la lumière, aux ombres
  • Sensation de froid et tremblements
  • Bouffées de chaleur accompagnées de sudation abondante
  • Sécheresse de la bouche, déglutition difficile, gorge serrée
  • Lourdeur du corps, douleurs articulaires et musculaires
  • Sentiment d’oppression au niveau de la poitrine et des voies respiratoires
  • Palpitations et hypertension artérielle, vertiges
  • Perte d’appétit, perturbations du cycle digestif, nausées, diarrhées
  • Problèmes dermatologiques multiples
  • Fatigue chronique et apathie, insomnie
  • Maux de tête et irritabilité

Quelles peuvent être les conséquences ?

Dans un premier temps, face au décès, un afflux hormonal important neutralise l’émotion et place la personne dans un cocon qui lui permet de supporter le choc et d’éviter de s’écrouler psychiquement. Par contrecoup et sous l’effet d’un stress chronique dû à la prise de conscience et au vide laissé, ces symptômes apparaissent, différemment suivant les individus et leur profil, progressivement ou en masse, allant jusqu’à la crise d’angoisse, de panique, de tétanie ou de spasmophilie. Certaines personnes vont même jusqu’à reproduire inconsciemment les souffrances du disparu.

Dans ce contexte dépressif, le système immunitaire est forcément atteint. Aussi le deuil peut-il aggraver des maladies déjà avérées, ou les faire émerger.

Les scientifiques s’interrogent actuellement sur le lien de cause à effet entre le décès d’un proche et l’apparition d’un cancer. Quant aux personnes déjà atteintes de diabète, de cholestérol ou de troubles cardio-vasculaires, leurs pathologies ont une nette tendance à s’amplifier après le départ du compagnon.

On note par exemple que les veufs sont particulièrement fragilisés par la mort de leur épouse, avec un taux élevé d’infarctus, une traduction physique de l’expression « avoir le coeur brisé ».

Comment se prémunir ?

Même si la période de deuil est concentrée sur le souvenir du défunt, il ne faut pas négliger de préserver les survivants comme soi-même.

Si le veuf est une personne âgée qui vivait depuis des lustres avec le disparu, il faut s’attendre à ce qu’il soit en extrême souffrance, privé de cette présence, et redoubler alors d’attention.

De même il ne faut aucunement négliger l’apparition de ces symptômes chez un enfant, petit ou adulte. Bref dans tous les cas, il faut être à l’écoute, et mettre en place des gestes de survie.

Il convient de continuer à s’alimenter, et de s’hydrater énormément pour permettre à l’organisme de s’équilibrer, éviter la dénutrition qui peut avoir des conséquences lourdes.

On peut recourir au magnésium et aux compléments vitaminés pour aider le corps aussi bien que le mental. La relaxation peut apporter un soulagement.

Il faut éviter d’employer des produits nocifs type alcool ou drogues. Nombreux sont ceux qui se raccrochent à ces substances dangereuses pour faire face au deuil. Or c’est un engrenage fatal.

Il faut se forcer à conserver un rythme sain de vie, notamment en ce qui concerne les repas, le sommeil et la prise de médicaments.

Certaines personnes sont soumises à un régime de soins qu’il ne faut pas perturber. Les produits doivent être pris à heure fixe, selon un protocole précis. L’entourage doit s’en informer pour respecter ce cadre.


L’important est avant tout de rester seul le moins possible. Il faut être entouré, par ses proches, sa famille.

Dans tous les cas il est vivement conseillé d’aller consulter son médecin, de lui exposer sa situation, afin qu’il apporte son aide, et vérifie que les troubles ne sont que psychosomatiques.

Il est important de comprendre que les symptômes énoncés plus haut sont autant de signaux de détresse envoyés par le corps.

Ce dernier exprime le chagrin, là où l’inconscient interdit de le faire. Pour soulager la douleur de la perte, la première chose à accomplir est d’en parler ouvertement, sans honte, avec ses familiers, ses amis.

Dans certains cas, on peut recourir à des associations d’entraide et d’écoute. On peut le cas échéant faire appel à un psychologue qui aidera à passer ce cap difficile. Là aussi il est possible d’évoquer cette option avec son médecin. Mais quoi qu’il en soit, il faut s’ouvrir aux autres, mettre des mots sur la tristesse pour que les maux du deuil disparaissent.