Annoncer le décès à l’enfant : collectif ou individuel ?

Dans les familles où les enfants sont plusieurs, reste à savoir si l’annonce du décès doit être faite à chacun d’entre eux de façon individuelle ou à l’ensemble de la fratrie.

En théorie

© Planetsante.ch
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D'un point de vue théorique, il est "facile" de dire que la disparition d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une sœur implique le groupe familial dans son entièreté.

Bien sûr, chacun le vivra différemment en fonction de son vécu, de son histoire, de son tempérament et du lien singulier que l’enfant entretenait avec la personne disparue. Cependant, ce décès reste avant toute chose une affaire de famille : la logique voudrait alors que l'annonce soit faite à l’ensemble des individus qui constitue cette famille.

En réalité

En réalité, on observe bien souvent d'autres pratiques, d’autres façons de faire - beaucoup plus personnalisées. Souvent pour une raison très simple, particulièrement s’il existe une grande différence d’âge entre les enfants.

Bien souvent, on n’emploie pas les mêmes mots ni le même vocabulaire lorsque l’on parle de la mort à un nourrisson que quand on d’adresse à un adolescent. Même entre 4 et 7 ans, le discours ainsi que les méthodes employés seront très différentes.

L’annonce sera différente en fonction du ressenti

Il faut parler avec ce dont on se sent capable d’exprimer.

De cette façon, telle mère aura plus de facilité à s'adresser à sa fille qu'à son fils pour annoncer la mort du papa. Elle aura donc peut-être tendance à parler d'abord à sa fille pour qu'elle lui serve ensuite de soutien, de complément, de médiateur : c’est aussi ça l’entraide dans une famille durant les moments difficiles.

À l’inverse, tel père aura besoin de plus s'appuyer en premier lieu sur son aîné avant de porter la nouvelle du décès de la maman au reste des enfants. Au moment de l'annonce, elle confie d'emblée à son plus grand enfant un rôle de responsabilité, presque de substitut du chef de famille, qui sera désormais le sien.

Il se peut aussi qu’un parent puisse préférer s'adresser en première intention à son fils ou sa fille plus jeune, parce qu'il l'estime moins fragile qu'un aîné en pleine adolescence.

Les limites de l’annonce collective

Lorsque la nouvelle est donnée à tous les enfants en même temps, tous sont alors médusés et abasourdis  par cette tragique nouvelle, et aucun ne pourra venir en aide aux autres.

En pratiquant des annonces non-simultanées, le parent accorde du temps au premier informé d'acquiescer le choc de la nouvelle, de laisser passer le débordement émotionnel et ensuite de pouvoir à son tour soutenir les autres.

Le bon sens et l’intimité accrue que l'on peut avoir de ses enfants jouent assurément un rôle très important également.

Ces exemples ont pour vocation de souligner qu'il ne faut en aucun cas s'interdire d’amener les choses de manière individualisée. Elle peut même s'avérer être d’une grande utilité et d’un grand secours pour tout le monde.

La recherche absolue de l'égalitarisme n'est pas forcément la meilleure piste à suivre.

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