Umer : l’ubérisation du funéraire nous vient de Russie

L’incursion du numérique dans l’univers de la mort n’en finit plus d’étonner les utilisateurs d’internet. Ainsi, ce mois de mars 2017 devrait voir le lancement officiel d’une application destinée à organiser tout un cérémonial funèbre de A à Z … depuis son smartphone !

Pensée et pilotée par l’entrepreneur Dmitri Genarin et ses développeurs, Umer, qu’on peut traduire par l’expression « il est mort » en slave, se conçoit dans l’actuelle mouvance d’une ubérisation généralisée de notre économie.

Fond noir, écriture cyrillique, l’offre est pour l’instant destinée aux publics russes, afin de faciliter la mise en place express d’obsèques, pour le meilleur rapport qualité/prix possible.

A l’annonce d’un décès, il suffit de télécharger l’application, de renseigner, outre la date de la mort, le nom, l’adresse et la religion du défunt, pour se voir indiquer plusieurs options en matière de cérémonial, ainsi que tout un panel de prestataires installés dans le voisinage, géolocalisation oblige.

La toute nouvelle application portable «Umer», promettant à ses clients d’organiser des obsèques sans mettre un pied dehors, fait le buzz sur la toile.

Conseils multiples, accès aux documents officiels en ligne, téléchargeables ou imprimables via les fonctions Wifi ou Bluetooth, tout a été pensé dans l’optique d’alléger et de fluidifier les obligations administratives, afin de soulager les familles dans le deuil qui les frappe.

Dans cet esprit, Umer a pour finalité assumée de trier en amont les prestataires afin de ne proposer que les meilleurs, les plus fiables et les moins onéreux, dans un souci de qualité, de rigueur et de sérieux.

Avec des données traitées en un temps record, une estimation des coûts permet par exemple à l’usager de se repérer en fonction de son budget et de ses volontés. Jusqu’à présent diffusée à l’état de test, l’application a suscité quelques dysfonctionnements (la performance du réseau n’est pas toujours au rendez-vous), un vif émoi, … et beaucoup de plaisanteries.

Nombreux furent les sarcasmes et les commentaires moqueurs, quand il ne s’agissait pas de remarques sceptiques ou choquées. Alors qu’il s’apprête à inonder la toile avec ce nouveau service dans lequel il a beaucoup investi, Genarin demeure néanmoins stoïque et confiant dans la validité de son produit : selon lui le secteur funéraire demeure l’ultime bastion qui n’a pas été numérisé, il fallait bien que cela arrive un jour.

Concentrant son attention sur le nord de l’Europe et les anciens pays soviétiques, il compte bien entretenir le buzz et faire souche via tout un système de franchises.

Pourquoi pas ?

Qu’on le veuille ou non, les chiffres parlent d’eux-mêmes : fin 2015, Médiamétrie soulignait que presque la moitié des connexions à internet s’opèrent désormais via un smartphone. Une statistique en constante augmentation, depuis que cet ordinateur de poche nous accompagne partout au quotidien.

A l’heure où l’on parle librement de la mort sur les réseaux sociaux, via la vogue des selfies funéraires ou la personnalisation des outils du deuil, les applications dédiées au funéraire s’inscrivent dans la suite logique de cette mutation sociale et économique d’envergure : il est, sinon acceptable, du moins prévisible qu’elle englobe aussi bien la vie que l’au-delà.

Marine Chevalier
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