Biodiversité : quand le cimetière lyonnais de Loyasse fait figure de pionnier national

La chose est actée depuis le premier trimestre 2017 : après avoir vu sa valeur patrimoniale reconnue de l’UNESCO, le plus vieux cimetière de Lyon a désormais vocation à abriter les espèces animales et la biodiversité. Il est en cela l’initiateur d’un mouvement que la Ligue de Protection des Oiseaux espère bien étendre à tous les terrains communs du pays. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Un véritable engagement

Installé au début du XIXème siècle sur la colline de Fourvière pour désengorger les autres cimetières de la ville, le site de Loyasse occupe douze hectares, recouverts de monuments funéraires de toute beauté, à tel point qu’on a surnommé ce lieu « le Père Lachaise lyonnais ».

Aujourd’hui cette curiosité touristique connaît un nouvel essor grâce à la charte que la municipalité vient de signer avec la Ligue de Protection des Oiseaux, s’engageant ainsi à observer un certain nombre de pratiques pour protéger la faune et la flore.

Le retour de la vie animale

En effet, après enquête, l’association a répertorié dans cet endroit plus d’une quarantaine d’espèces animales et d’insectes qui avaient pourtant déserté les espaces verts urbains. Chouettes, rapaces, pics, hérissons, fouines, lézards, … même les vers luisants semblent s’épanouir entre les tombes, sur ce trajet privilégié par les oiseaux migrateurs en route vers l’Afrique.

Cette renaissance découle de la politique adoptée par la commune en matière de jardins et de parcs : depuis 2008, engrais et pesticides ont été bannis, qui occasionnaient de nombreux dégâts, empoisonnant par exemple les animaux par le biais de la chaîne alimentaire.

« Les herbicides ont fait de gros dégâts: sur une parcelle on n'a rien vu pousser, pas un brin d'herbe, pendant cinq à six ans ! », Témoigne Joseph Giorgis, conservateur du cimetière.

Des pratiques respectueuses

Par ailleurs les pelouses ne sont plus tondues qu’une seule fois l’an et non plus mensuellement ce qui favorise le renouvellement des végétaux et la vie des insectes, tout en évitant la pollution provenant du carburant des tondeuses.

Quant à l’élagage des arbres et des buissons, il est pratiqué en dehors des périodes d’accouplement pour aider à la gestation et à la nidification. Les employés du cimetière ont suivi une formation les sensibilisant à ces impératifs, tandis que le paysage évoque de plus en plus un cimetière de campagne, au lieu des allées rigoureuses et un peu austères que nous connaissons tous.

Un projet d’avenir

Les effets de ce retour à une gestion plus naturelle sont aujourd’hui palpables, et la ville ne compte pas en rester là. De fait Lyon envisage de faire de son cimetière une sorte de laboratoire en matière de biodiversité, instituant ateliers, animations et visites pour initier le public à ces réalités.

On pourra par exemple apprendre à construire des nichoirs, qui du reste vont être installés dans les arbres du cimetière, pour ensuite équiper son propre jardin. Une mare va bientôt être creusée afin de favoriser l’installation de batraciens. Alain Giordano, adjoint au maire de Lyon, adjoint aux Espaces verts explique :

« Cela nous permettra de réfléchir aux aménagements naturels à conduire, d’aménager des sites de nidification ou de reproduction pour la faune, ou de faire découvrir le patrimoine funéraire. [...] La biodiversité s'installe par la chaîne alimentaire: sans pesticides, les insectes reviennent, les fleurs font revenir les pollinisateurs et tout cela donne de la nourriture aux oiseaux qui s'installent ensuite"»

En adoptant cette politique, le cimetière de Loyasse se place à l’avant garde d’un mouvement très moderne, où le terrain commun, réinvesti par la vie, devient à la fois lieu de mémoire et espace de protection, de créativité et d’enseignement, de rencontres et d’échanges.

Il se situe donc dans la mouvance anglo-saxonne d’une réconciliation entre l’urbain funéraire et la nature. La LPO ne s’en cache pas du reste qui aimerait élargir son champ d’action à d’autres villes, rêvant déjà d’investir le Père Lachaise parisien, dont l’étendue et la végétalisation pourraient servir de refuge à bien des animaux.

Pierre C.
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Fondateur de Lassurance-obseques.fr

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